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En Somalie, l’ancien premier ministre Hassan Ali Khaire affirme avoir été visé par une attaque des forces gouvernementales

Alors que le camp présidentiel estime que le chef de l’Etat, Hassan Cheikh Mohamoud, voit son mandat automatiquement prolongé d’un an, l’opposition considère que cette réforme est un moyen pour lui de s’accrocher au pouvoir.

En Somalie, l’ancien premier ministre Hassan Ali Khaire affirme avoir été visé par une attaque des forces gouvernementales
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Des coups de feu ont retenti mercredi 3 juin dans la capitale somalienne Mogadiscio, l’ancien premier ministre somalien Hassan Ali Khaire affirmant être victime d’une attaque des forces gouvernementales la veille d’une manifestation prévue par l’opposition.

La Somalie replonge dans une crise ouverte, deux semaines après le maintien aux affaires du président Hassan Cheikh Mohamoud alors que son mandat était échu. Le pouvoir avait fait passer en mars une réforme constitutionnelle instaurant l’élection au suffrage universel des parlementaires et portant de quatre à cinq ans les mandats présidentiel et législatif.

Alors que le camp présidentiel estime que le chef de l’Etat, Hassan Cheikh Mohamoud, voit son mandat automatiquement prolongé d’un an, l’opposition considère que cette réforme est un moyen pour lui de s’accrocher au pouvoir.

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Selon des sources sécuritaires et des témoins interrogés par l’Agence France-Presse (AFP), l’échange de tirs, dont l’origine est difficile à déterminer, a débuté sur une route importante du secteur central de Dabka, où étaient stationnées des forces loyales à l’opposition et des unités des forces spéciales de la police fédérale.

« Incident malheureux »

« Une attaque a été lancée contre nous par les forces commandées par le président dont le mandat a expiré », a accusé M. Khaire sur X. « Je prie Dieu d’avoir pitié des morts et de guérir les blessés », a-t-il poursuivi. « Toutes les pertes (humaines) résultant de cette attaque sont de la responsabilité du président, qui nous a attaqués alors que nous étions préparés pour une manifestation pacifique prévue demain », a-t-il encore commenté.

Le porte-parole de la police somalienne, Abdifatah Adan, a de son côté affirmé sur X que des policiers avaient été « attaqués par des milices » et qu’ils avaient « réagi avec attention et professionnalisme, prenant les mesures appropriées ».

Un journaliste de l’AFP a filmé des habitants paniqués à Howl Wadaag, district de la capitale somalienne où se trouve la résidence de M. Khaire. Des tirs pouvaient également être entendus sur cette vidéo.

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Des témoins ont déclaré à l’AFP avoir vu des forces d’opposition armées affronter la police somalienne. Des tirs ont également été signalés près de la résidence de l’ancien président Sharif Sheikh Ahmed, à proximité du quartier prisé de la plage du Lido, selon des témoins.

Le gouvernement a condamné ce qu’il appelle « un incident malheureux » et a imputé les violences à des « milices armées » organisées par M. Khaire, qui avaient « directement pris pour cible un bâtiment de la police ». Ce communiqué publié mercredi soir sur X ajoute qu’une enquête a été ouverte et réaffirme que le gouvernement « ne tolérera aucune tentative de saper la sécurité de la capitale ».

Période de transition

Un responsable sécuritaire a confirmé à l’AFP que la situation était revenue au calme dans la capitale.

La Somalie est entrée à la mi-mai « dans une période de transition », a annoncé unilatéralement le gouvernement à la fin du mandat présidentiel d’Hassan Cheikh Mohamoud, sans scrutin en vue pour élire un successeur, laissant craindre que le pays qui peine à sortir de décennies de chaos plonge à nouveau dans une spirale de violence. L’opposition et les dirigeants régionaux ont rejeté cette manœuvre unilatérale et des manifestations sont prévues jeudi.

L’ancien président Sharif Sheikh Ahmed (2009-2012), figure redoutée de l’opposition, a également condamné sur X une « attaque » qui « s’inscrit dans les efforts d’Hassan Cheikh Mohamoud de faire couler plus de sang après l’expiration de son mandat ». Mais cela « n’arrêtera pas les manifestations contre l’oppression » jeudi à Mogadiscio, a-t-il encore averti.

Depuis 2012 et la fin de huit ans d’autorités « de transition », la Somalie, longtemps privée d’Etat central après la chute en 1991 du dictateur Siad Barré, est habituée aux élections reportées et aux mandats prolongés. Des élections étaient prévues pour ce mois de juin, mais elles semblaient plus qu’improbables alors que le pays est aussi, depuis près de vingt ans, aux prises avec les islamistes Chabab, liés à Al-Qaida, qui contrôlent de vastes pans du territoire.

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Le Monde avec AFP

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