Le stand-upper Deniz Göktas semblait avoir été bien inspiré en refusant de céder les droits de diffusion de son spectacle à Netflix. Mise en ligne gratuitement sur la plateforme Youtube le 24 juin, la vidéo de quatre-vingt-dix minutes a rapidement cumulé des millions de vues – près de 12 millions au 6 juillet. Il y aborde l’actualité politique et livre des récits sur son enfance, narrant ses difficultés à grandir dans la Turquie d’Erdogan en étant issu d’une famille de gauche. “Pendant un moment j’ai cru que j’étais dans un pays libre où la comédie était quelque chose de normal”, le remerciait un internaute en commentaire de sa vidéo.

Mais Deniz Göktas est rapidement devenu la cible de la presse conservatrice. Un procureur s’est saisi du dossier après que 185 personnes ont effectué un signalement auprès du Centre de communication présidentielle (Cimer), rapporte le média en ligne Medyascope. Cette plateforme mise en place par le gouvernement du président islamo-nationaliste Recep Tayyip Erdogan pour faciliter le dialogue avec les institutions est décriée par ses détracteurs, qui y voient avant tout un outil de dénonciation.

Parti en voyage à l’étranger, le comédien a fait le choix de revenir en Turquie malgré les risques. Le jeudi 2 juillet, à sa descente d’avion, il a été inter