Le président turque Recep Tayyip Erdogan avait prévenu, il y a quelques semaines à peine, sur son compte X : « La démocratie turque aura l’opposition qu’elle mérite. » Il vient aujourd’hui de décapiter la direction de la plus vieille formation politique du pays, le Parti républicain du peuple (CHP), fondé en 1923 par Mustafa Kemal Ataturk et principal parti à tenir tête au pouvoir, illustrant sa mainmise sur le pouvoir judiciaire.
Dans un arrêt historique qui pourrait encore resserrer l’emprise du chef de l’Etat sur le régime, un tribunal d’Ankara a destitué, jeudi 21 mai, en appel, le bouillonnant et combatif leader du CHP, Ozgur Ozel. Une procédure lancée par une poignée de membres du parti qui avaient été écartés de la nouvelle direction. La cour a invalidé, au motif d’irrégularités, l’élection de fin 2023 de l’actuelle direction du parti, ce que cette dernière réfute. Selon la décision des juges, Ozgur Ozel a été élu à la tête du CHP après des pressions sur certains délégués, des promesses de recrutement et des achats de voix. Cette décision ouvre de facto la voie au retour de Kemal Kiliçdaroglu, ancien candidat à la présidentielle, tombé en disgrâce au sein de la formation, en tant que chef du parti.
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