Mieux vaut souffler un bon coup avant de se lancer. Car Etty est singulière, bouleversante, dérangeante, contemplative. Merveilleuse. Cette série saisissante, adaptée [du journal intime de l’autrice Etty Hillesum], est diffusée sur Arte*.

Son héroïne est une jeune femme juive [néerlandaise] d’origine russe, étudiante en langues slaves à l’université d’Amsterdam. Vêtue de vestes colorées, elle sillonne la ville à vélo tandis que les restrictions de liberté viennent progressivement entraver sa vie quotidienne – et celle de tous les Juifs.

Des militants fascistes interrompent une manifestation de soutien aux réfugiés organisée devant l’université, puis le couvre-feu vient couper court aux fêtes nocturnes, et bientôt, des affiches “Interdit aux Juifs” envahissent les vitrines, les tramways et les façades des théâtres.

Les visages comme théâtre de l’action

Si elle le pouvait, Etty passerait ses journées à écrire. C’est le psycho-chirologue Julius Spier (Sebastian Koch), émigré d’Allemagne, qui lui a conseillé cette activité pour combattre la dépression. Le thérapeute fascine la jeune femme – qui entretient une relation avec un dénommé Han, beaucoup plus âgé qu’elle –, et pas uniquement pour ses méthodes inhabituelles.

Tout au long de la série [réalisée par Hagai Levi, le créateur isr