« De l’esclavage à la liberté. L’odyssée des Tinchant, 1793-1945 », de Jean Hébrard et Rebecca J. Scott, Gallimard, « La suite des temps », 436 p., 25 €, numérique 18 €.
Historiens des mondes atlantiques et de l’esclavage, Rebecca J. Scott et Jean Hébrard ne savaient pas encore, il y a plus de vingt ans, qu’une banale lettre d’affaires conservée dans les Archives nationales cubaines, rédigée par un certain Edouard Tinchant, fabricant de cigares établi en Belgique, allait prendre une telle importance dans leurs carrières respectives, et déboucher sur un premier livre, en anglais, Freedom Papers (« les papiers de la liberté », 2012, non traduit), puis sur une version française tellement remaniée qu’elle constitue, écrivent-ils, « un nouvel ouvrage » : De l’esclavage à la liberté, qui vient de paraître en France.
Datée du 21 septembre 1899, cette missive était adressée au général Maximo Gomez, héros de la guerre d’indépendance de Cuba, dont le cigarier souhaitait utiliser le nom pour baptiser l’un des meilleurs puros de sa production. A l’appui de cette demande, Edouard Tinchant invoquait son parcours de petit-fils d’une esclave haïtienne et d’engagé volontaire dans l’armée du Nord lors de la guerre de Sécession américaine (1861-1865).
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