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Faux influenceurs, faux podcasts, vraie misogynie

Ils et elles sont générés par intelligence artificielle et leurs vidéos inondent les réseaux sociaux. Les sujets abordés par ces influenceurs IA ne sont choisis que parce qu’ils ont le potentiel pour devenir viraux. Un phénomène décrypté par le magazine américain “Wired”.

Faux influenceurs, faux podcasts, vraie misogynie
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Vidéo. Faux influenceurs, faux podcasts, vraie misogynie

Des dizaines de faux influenceurs générés par intelligence artificielle publient des extraits vidéo sur tous les réseaux sociaux, “dans l’objectif de plaire aux algorithmes avec des contenus qui jouent sur les sentiments, font forcément réagir et parlent à tout le monde”, écrit le magazine américain Wired.

Le but : vendre des formations pour créer son propre influenceur IA.

Explications en vidéo.

Les podcasts de ces faux influenceurs sont introuvables sur les plateformes d’écoute, tout simplement parce qu’ils n’existent pas. Cependant d’autres podcasts, des vrais cette fois, mais toujours animés par des IA, commencent à inonder le marché.

C’est le but que s’est fixé Inception Point AI, une entreprise qui “bâtit une écurie de talents IA qui présentent des podcasts et deviendront, à terme, des influenceurs à plus grande échelle sur les réseaux sociaux, sur la littérature, etc.”, écrivait le magazine américain The Hollywood Reporter en septembre 2025.

“En plus de réduireles coûts de productiondes podcasts et les onéreuxcontrats de court termepour des présentateursconnus, le but est de pouvoirposséder, modeler et maîtriserle talent (contrairementà ces humains spontanés)et de produire des émissionsà moindre coût.”

Le magazine américain “The Hollywood Reporter”

Des podcasts produits à moindre coût, environ 1 dollar par épisode. Résultat : la rentabilité est garantie quoi qu’il arrive.

“Cela signifie que si environ vingt personnes écoutent un épisode, il devient rentable pour l’entreprise, sans compter les frais généraux”, explique le magazine spécialisé.

L’avalanche de chiffres (et d’IA) ne s’arrête pas là : on parle de 5 000 programmes, 3 000 épisodes produits par semaine.

De l’idée à la publication, chaque épisode est créé en une heure.

Cinquante hôtes de podcasts ont été générés pour différents contenus, “notamment la spécialiste culinaire Clare Delish, le jardinier et expert nature Nigel Thistledown, ou encore Oly Bennet, qui couvre les sports non conventionnels”, ajoute le Hollywood Reporter.

L’idée du podcast est elle aussi générée à l’aide de l’IA, “élaborée à partir des tendances sur Google et les réseaux sociaux, puis l’équipe lance cinq versions différentes de l’émission avec plusieurs titres pour voir ce qui fonctionne le mieux”.

La start-up a déjà commencé à créer des profils sur les réseaux sociaux pour ses faux podcasteurs. L’idée est évidemment de les transformer en influenceurs.

La fondatrice d’Inception Point AI, Jeanine Wright, “espère créer des milliers de nouvelles personnalités à l’avenir, afin d’évaluer lesquelles perdurent dans le temps”.

À terme, “elle ne considère pas que ces podcasts supplanteront ceux présentés par des humains, ils sont plutôt envisagés comme un autre genre dans le paysage”, écrit le magazine américain.

Mais déjà, la start-up “est de loin le producteur de podcasts le plus prolifique” selon The Observer.

L’hebdomadaire britannique regrette que sur les plus de 2 300 podcasts publiés quotidiennement, un quart sont des spams et un quart générés par IA.—

Camille Miloua Giraudeau
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