Quiconque souhaite observer la beauté paisible et éphémère de la réserve naturelle qui entoure Noir Flohay, au cœur des Hautes Fagnes belges – au beau milieu de la zone ravagée par le gigantesque incendie – devra désormais se contenter de Google Maps. La partie la plus sauvage de Belgique, l’un des rares paysages grandioses aux accents scandinaves que compte notre pays, a été réduite en cendres.

C’est un accident tragique. Le plus désolant, c’est qu’on le voyait venir. Certains l’avaient même prédit avec une remarquable précision. Plus inquiétant encore : dimanche soir [16 août], après quarante-huit heures, l’incendie s’avérait toujours impossible à maîtriser. Deux constats qui en disent long sur la brutalité de la nouvelle ère climatique dans laquelle nous sommes entrés.

La faute n’incombe évidemment pas aux pompiers, aux agriculteurs et aux bénévoles qui se sont démenés jour et nuit pour tenter de contenir les flammes sur un terrain difficile d’accès et dans des conditions météorologiques qui ne leur ont guère facilité la tâche, avec un vent qui ne cessait de forcir et de changer de direction. Les pompiers eux-mêmes ont reconnu n’avoir encore jamais été confrontés à un incendie d’une telle intensité. Ils ne disposaient ni de la stratégie ni du matériel nécessaires pour en veni