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Fils-Aimé face à Arnel Bélizaire : quelques secondes qui racontent la politique haïtienne

Une séquence devenue virale sur les réseaux sociaux montre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé croisant l’ancien député Arnel Bélizaire, récemment libéré de prison. Plusieurs publications datées du 21 août 2026 présentent le chef du gouvernement comme manifestant sa surprise de v

Fils-Aimé face à Arnel Bélizaire : quelques secondes qui racontent la politique haïtienne
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23 août 2026
Fils-Aimé face à Arnel Bélizaire : quelques secondes qui racontent la politique haïtienne
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Fils-Aimé face à Arnel Bélizaire : quelques secondes qui racontent la politique haïtienne

  • by Rezo Nodwes
  • 23 août 2026
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Une séquence devenue virale sur les réseaux sociaux montre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé croisant l’ancien député Arnel Bélizaire, récemment libéré de prison. Plusieurs publications datées du 21 août 2026 présentent le chef du gouvernement comme manifestant sa surprise de voir l’ancien parlementaire en liberté. 

Au-delà de l’échange entre deux personnalités publiques, cette scène soulève une question beaucoup plus profonde : quel rapport les dirigeants politiques haïtiens entretiennent-ils réellement avec l’État de droit et la séparation des pouvoirs ?

Un Premier ministre peut naturellement être surpris par une information. Mais lorsqu’il s’agit de la liberté d’un citoyen, et particulièrement d’une personne ayant fait l’objet de procédures judiciaires, les mots et les attitudes d’un chef de gouvernement prennent une dimension institutionnelle.

La liberté ou la détention d’une personne ne devrait jamais dépendre de l’étonnement, de la satisfaction ou du mécontentement d’un responsable politique. Elle doit relever exclusivement des autorités judiciaires compétentes, dans le respect de la loi, des procédures et des droits fondamentaux.

C’est précisément là que cette séquence devient politiquement intéressante : elle rappelle combien, en Haïti, la frontière entre pouvoir politique, perception personnelle et fonctionnement de la justice demeure fragile dans l’imaginaire collectif.

Depuis trop longtemps, une partie des dirigeants haïtiens semble considérer la politique comme un exercice permanent de ruse : surprendre l’adversaire, contourner les institutions, envoyer des messages codés, construire des alliances de circonstance, affaiblir un concurrent ou transformer chaque événement en démonstration de pouvoir.

Cette culture de la manœuvre finit pourtant par coûter extrêmement cher au pays.

La ruse peut permettre de gagner une bataille politique ; elle ne construit pas un État.

Un pays ne peut pas fonctionner durablement lorsque les institutions deviennent secondaires par rapport aux personnalités qui les dirigent. Le Premier ministre gouverne, la justice juge, la police exécute les décisions relevant de ses compétences, et chaque institution doit connaître les limites de son pouvoir.

Lorsque ces frontières deviennent floues, la population finit par croire que tout dépend d’un appel téléphonique, d’une influence politique, d’une relation personnelle ou d’un rapport de force.

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