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FLASHBACK | 20 JANVIER 2026 — Paraison : « La PNH peut traquer n’importe qui, n’importe où » ; sept mois après, sa propagande rattrapée par le carnage de Kenscoff

PORT-AU-PRINCE, 27 août 2026 — Retour sur images. Le 20 janvier 2026, à Clercine, André Jonas Vladimir Paraison affiche la confiance d’un chef de police persuadé d’avoir inversé le rapport de force. À l’approche de ses six mois à la tête de la PNH, il assure devant les caméras que l

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27 août 2026
FLASHBACK | 20 JANVIER 2026 — Paraison : « La PNH peut traquer n’importe qui, n’importe où » ; sept mois après, sa propagande rattrapée par le carnage de Kenscoff
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FLASHBACK | 20 JANVIER 2026 — Paraison : « La PNH peut traquer n’importe qui, n’importe où » ; sept mois après, sa propagande rattrapée par le carnage de Kenscoff

  • by Rezo Nodwes
  • 27 août 2026
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PORT-AU-PRINCE, 27 août 2026 — Retour sur images. Le 20 janvier 2026, à Clercine, André Jonas Vladimir Paraison affiche la confiance d’un chef de police persuadé d’avoir inversé le rapport de force. À l’approche de ses six mois à la tête de la PNH, il assure devant les caméras que l’institution peut désormais « traquer qui que ce soit, où qu’il soit sur le territoire national ». Il cite Solino, Bel-Air et plusieurs secteurs de Kenscoff parmi les zones où la police aurait progressé et intime aux membres des groupes armés de se rendre. La communication est martiale : la PNH avance et les gangs sont prévenus.

Le dispositif annoncé se veut à la mesure du discours : nouvelles task forces, programme P4000 destiné à former 4 000 policiers en un an, première promotion annoncée de 876 agents, commandes d’armes et projet d’au moins 15 véhicules de transport de troupes par département. Paraison affirme avoir hérité, en août 2025, d’un département de l’Ouest largement soumis aux groupes criminels et présente les opérations engagées depuis son installation comme les signes d’une reconquête. Derrière le panache de la conférence de presse apparaît pourtant une réserve de taille : le chef de la PNH reconnaît lui-même que certains territoires ne sont toujours « pas totalement maîtrisés ».

Sept mois plus tard, Kenscoff impose son terrible contre-bilan. Les 23 et 24 août, des hommes armés attaquent la commune : au moins 47 personnes sont tuées et plus de 50 autres enlevées, selon le bilan communiqué par les Nations unies et rapporté par la pressé locale et internationale. Plus accablant encore pour l’autorité de l’État, un chef de gang menace publiquement d’exécuter les otages si ses hommes sont tués au cours des opérations policières. Kenscoff, précisément citée quelques mois auparavant parmi les terrains de progression de la PNH, devient ainsi le théâtre d’un massacre et de l’un des enlèvements collectifs les plus importants de ces dernières années.

La formule du 20 janvier revient comme un boomerang politique : « traquer n’importe qui, n’importe où ». Où était cette capacité de traque lorsque les alertes annonçaient la menace ? Où était le dispositif destiné à empêcher l’incursion, protéger les habitants et verrouiller durablement les secteurs déclarés reconquis ? Les communiqués, les blindés promis et les statistiques ne constituent pas une souveraineté territoriale. 

En janvier, Paraison mettait en scène une police capable d’aller chercher les gangs partout ; en août, à Kenscoff, ce sont encore les gangs qui sont venus chercher les citoyens chez eux.

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