L’Italie a qualifié, mardi 9 juin, d’« inacceptable » l’insulte proférée par le ministre de la sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, à la suite de la décision des procureurs de Rome d’ouvrir une enquête le visant.
Ben Gvir fait l’objet d’une enquête pour « crime de guerre » et « torture » présumés, après que des militants de la flottille pour Gaza ont accusé les autorités israéliennes de mauvais traitements lors de leur détention le mois dernier, selon les médias italiens. « Le pays de la botte est devenu le pays des tongs », a écrit M. Ben Gvir sur X, lundi, en référence péjorative à la forme géographique de l’Italie.
Mardi, le ministre des affaires étrangères et vice-premier ministre italien, Antonio Tajani, a déclaré lors d’une audition au Sénat qu’il s’agissait de « propos inacceptables (…), indignes d’un ministre » et qui témoignent de « la stature politique et morale de cet homme ». « Je ne trouve pas les mots pour commenter ce qu’il a dit hier à propos de l’Italie, après avoir appris qu’il faisait l’objet d’une enquête du parquet », a déclaré M. Tajani.
Israël a arrêté plus de 430 militants originaires de plusieurs pays après les avoir capturés dans les eaux internationales, le 18 mai, alors qu’ils tentaient de briser le blocus israélien imposé au territoire palestinien. M. Ben Gvir a suscité une vague de condamnations après avoir publié une vidéo se moquant des militants de la flottille alors que ceux-ci avaient les mains liées.
M. Tajani a déclaré que Rome « continuerait à faire pression » pour que l’Union européenne sanctionne M. Ben Gvir, ajoutant que « de nombreux pays » y étaient déjà favorables. Vendredi, une enquête a été ouverte à Paris pour tortures et crimes de guerre, à la suite d’un signalement du gouvernement sur la manière dont des Français de la flottille ont été traités par les autorités israéliennes, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès du parquet national antiterroriste (PNAT).