Alors que les discussions entre le Hamas et les médiateurs chargés par les Etats-Unis des négociations au Caire piétinent et que des élections internes au mouvement sont en cours, l’armée israélienne a tué, le 15 mai, le chef militaire du Hamas, Ezzedine Al-Haddad, l’un des derniers commandants des Brigades Ezzedine Al-Qassam, issus de la génération fondatrice du Hamas, encore en vie. Chercheuse au Centre arabe de recherche et d’études politiques, spécialiste du mouvement islamiste palestinien, Leïla Seurat décrypte l’impact de son assassinat et le sort du Hamas dans l’enclave.
Qui était Ezzedine Al-Haddad, tué par Israël, avec sept autres personnes, dont sa femme et sa fille ?
Il fut l’un des piliers des Brigades Ezzedine Al-Qassam. Né en 1970, dans la ville de Gaza, il a rejoint le Hamas à sa création, en 1987, et a grimpé progressivement les échelons avant de devenir chef de la brigade de Gaza, en 2021. Il aurait également fait partie de la cellule Al-Majd, l’appareil de renseignement chargé de traquer les collaborateurs d’Israël, fondé par Yahya Sinouar [chef du Hamas à partir de 2017, tué le 16 octobre 2024 par Israël]. En mai 2025, après l’assassinat de Mohammed Sinouar, le frère de Yahya qu’il avait remplacé, Al-Haddad devient le cinquième chef des Brigades Al-Qassam. Il est présenté comme celui qui les a restructurées durant l’offensive israélienne et mis en place une stratégie d’embuscades ayant infligé des pertes à l’armée israélienne. Il est aussi l’un des architectes de l’attaque du 7-Octobre [avec Yahia Sinouar] et aurait joué un rôle important dans la captivité des otages israéliens à Gaza notamment grâce à sa maîtrise de l’hébreu.
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