Les rues de Tbilissi ont vu défiler des milliers de personnes, mardi 16 mai, à l’occasion de la fête de l’indépendance de la Géorgie et pour dénoncer ce que l’opposition voit comme une volonté du pouvoir en place de détourner cette ex-république soviétique caucasienne de son ambition d’intégrer l’Union européenne (UE).
Brandissant des drapeaux géorgiens et européens, les manifestants pro-européens ont défilé dans le centre de la capitale géorgienne, avant de se rassembler devant le Parlement, sous forte présence policière, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Beaucoup brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Nous sommes l’Europe » et voir des portraits de l’ancien président pro-occidental Mikheïl Saakachvili, emprisonné pour abus de pouvoir.
La Géorgie, habituée aux crises politiques depuis son indépendance de l’URSS, en 1991, est en proie à des troubles depuis les élections législatives de 2024, à nouveau remportées par le parti du Rêve géorgien, mais contestées par l’opposition pro-européenne, qui accuse le gouvernement de dérive autoritaire.
« Un peuple uni »
« Nous sommes dans la rue depuis plus de cinq cents jours et nous continuerons à y descendre aussi longtemps qu’il le faudra pour défendre l’avenir européen de la Géorgie », a déclaré à l’AFP Maïa Khidecheli, une étudiante de 20 ans. Un autre manifestant, Iralki Nanadzé, assure que « le peuple finira par l’emporter ». « Aucun gouvernement autoritaire ne peut résister à un peuple uni − et nous sommes unis », a estimé ce chimiste de 59 ans.
Des manifestations de petite ampleur se déroulent régulièrement à Tbilissi depuis 2024, mais le mouvement s’est largement essoufflé comparé aux grandes protestations qui avaient suivi les législatives contestées. Ce rassemblement était organisé par une alliance de partis d’opposition, qui s’efforcent depuis peu de surmonter leurs divisions pour présenter un front uni face au gouvernement.
Ce dernier se défend de toute velléité autoritaire et assure toujours chercher un rapprochement avec l’UE. Il accuse l’opposition de vouloir prendre le pouvoir par la force et de pousser la Géorgie vers une confrontation avec la Russie.