La scène aurait presque pu paraître surréaliste, si la guerre en cours en Iran n’avait pas déjà donné à voir les tensions croissantes entre Donald Trump et Benyamin Nétanyahou. Car voir le président américain se poser en arbitre entre l’Iran et Israël, renvoyant dos à dos son ennemi et son plus proche allié régional – celui-là même qui l’avait convaincu plus tôt d’entrer en guerre –, donne le sentiment d’un basculement difficile à ignorer.

Dimanche 7 juin au soir, Téhéran a lancé une salve de missiles sur le nord de l’État hébreu, la première depuis le fragile cessez-le-feu conclu il y a deux mois, présentée comme une riposte à une frappe israélienne survenue plus tôt dans la banlieue sud de Beyrouth. À la suite de ces tirs, Donald Trump a exhorté lors d’un entretien téléphonique le Premier ministre israélien à ne pas engager de représailles afin de laisser plus de temps à la diplomatie.

“Trump est tout à fait capable de punir ses alliés”

Une absence de riposte apparaissait pourtant difficilement envisageable, tant une telle posture aurait érodé la dissuasion de Tel-Aviv et créé, à ses yeux, un précédent particulièrement dangereux.

L’État hébreu a ainsi annoncé, peu après, avoir ciblé en Iran des “sites de lancement de missiles” ainsi que des “infrastructures non liées au secteu