Trente ans de prison : c’est la peine infligée, lundi 29 juin, par une cour de justice de New York à Guo Wengui, un homme d’affaires chinois richissime exilé aux Etats-Unis, pour avoir escroqué des centaines de victimes. Jadis compagnon d’affaires d’un chef du renseignement dans son pays d’origine devenu très critique du régime chinois et proche des milieux trumpistes sans pour autant entrer dans la dissidence, Guo Wengui reste difficile à cerner. « Je peine à comparer le cas de M. Guo à aucun autre », a ainsi confié la juge Analisa Torres, en annonçant sa peine, selon le récit de l’audience fait par le Wall Street Journal. Les procureurs ont quant à eux vu en lui un autre Bernard Madoff, auteur de la plus grande arnaque de l’histoire.
Surnommé « le Donald Trump de Pékin » par Steve Bannon, l’ancien conseiller de Donald Trump, Guo Wengui s’est installé à New York en 2014. Il y est alors un inconnu. Celui qui se fera appeler plus tard Miles Kwok surprend la copropriété d’une des adresses les plus prestigieuses de Manhattan, le Sherry-Netherland, au coin de la 5e Avenue et de Central Park, en proposant d’en acquérir tout un étage pour 68 millions de dollars (59 millions de dollars), payés comptant. Il enchaîne ensuite les vidéos, où il prétend révéler les scandales de corruption de Pékin : exagérations et probables inventions s’y mêlent à des informations plus crédibles, qui inquiètent et agacent les autorités chinoises – témoignage de son passé dans l’ombre d’un pouvoir qu’il prétend désormais combattre.
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