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HAÏTI | Carnage à Kenscoff — Conférence de presse lundi : le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince annoncera-t-il enfin l’arrestation de l’un des 26 chefs de gang ?

Le commissaire du gouvernement près du Tribunal de Premirère Instance de Port-au-Prince, viendra-t-il faire le jeu d’Alix Didier Fils-Aimé ayant failli à sa mission de protéger des vies et des biens ? PORT-AU-PRINCE, 27 août 2026 — Une semaine après le carnage de Kenscoff, le Commissaire

HAÏTI | Carnage à Kenscoff — Conférence de presse lundi : le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince annoncera-t-il enfin l’arrestation de l’un des 26 chefs de gang ?
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27 août 2026
HAÏTI | Carnage à Kenscoff  — Conférence de presse lundi : le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince annoncera-t-il enfin l’arrestation de l’un des 26 chefs de gang ?
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HAÏTI | Carnage à Kenscoff  — Conférence de presse lundi : le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince annoncera-t-il enfin l’arrestation de l’un des 26 chefs de gang ?

  • by Rezo Nodwes
  • 27 août 2026
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Le commissaire du gouvernement près du Tribunal de Premirère Instance de Port-au-Prince, viendra-t-il faire le jeu d’Alix Didier Fils-Aimé ayant failli à sa mission de protéger des vies et des biens ?

PORT-AU-PRINCE, 27 août 2026 — Une semaine après le carnage de Kenscoff, le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince doit rencontrer la presse lundi. Mais l’État peut-il encore se contenter d’expliquer ce que chacun constate depuis des années ? Les zones communément désignées comme des « territoires perdus » sont précisément celles où l’autorité publique ne produit plus ses effets ordinaires : absence durable de police, administration paralysée, justice inaccessible, circulation soumise à la force armée. Depuis près de cinq ans, ces espaces sont dominés par une constellation d’au moins 26 chefs de gangs, devenus de facto des pouvoirs territoriaux, capables d’imposer des déplacements, des taxes informelles, des interdictions de circuler et, dans certains cas, leurs propres règles de coercition.

La question adressée au Parquet est donc moins celle de l’existence des gangs que celle de leur apparente intangibilité judiciaire. Comment expliquer que des chefs armés notoirement identifiés puissent exercer, pendant des années, un contrôle territorial durable sans qu’une politique pénale publiquement traçable n’aboutisse à leur neutralisation judiciaire ? Le ministère public n’a certes ni vocation militaire ni pouvoir autonome d’arrestation, mais il détient l’initiative de l’action publique, peut requérir des actes d’enquête et doit poursuivre les auteurs présumés d’infractions selon les formes prévues par la loi. Si des mandats existent, combien ont été exécutés ? Si des dossiers sont ouverts, où en sont-ils ? Si des poursuites ont été engagées, combien de chefs de gangs ont effectivement été déférés devant les juridictions compétentes ?

Le contraste avec certaines convocations politiques rend l’exercice de lundi d’autant plus scruté. Le parquet avait convoqué Moïse Jean-Charles avant même la mise à exécution du projet de « déchoukaj » qui lui était attribué contre Alix Didier Fils-Aimé. En revanche, lorsque des groupes armés annoncent publiquement des offensives imminentes contre des zones civiles, l’opinion ne voit ni la même célérité, ni la même théâtralisation procédurale, ni les mêmes effets immédiats. Kenscoff pose donc une question de cohérence institutionnelle : l’État anticipe-t-il plus vite une menace politique qu’une menace armée explicitement dirigée contre la population ?

Lundi, le commissaire du gouvernement sera attendu sur des éléments susceptibles d’être vérifiés : mandats émis, mandats exécutés, inculpations, saisies, arrestations, placements en détention, identités des suspects poursuivis. Une conférence de presse ne vaut que par la substance juridique qu’elle apporte. Si, après cinq années de domination armée et l’expansion de ces « territoires perdus », aucun des 26 chefs de gangs n’est présenté comme arrêté, déféré et judiciairement mis hors d’état de nuire, la question demeurera entière : à quoi sert encore la parole du parquet lorsqu’elle n’est suivie d’aucun effet coercitif visible ?

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