En direct Samedi 27 Juin 2026
Culture

Haïtiens : Nous devons reconstruire notre pays !

Par Celucien L. Joseph, PhD Le jeudi 25 juin 2026, la Cour suprême des États-Unis, par un vote de six voix contre trois, a autorisé l’administration Trump à poursuivre la suppression du Statut de protection temporaire (Temporary Protected Status, TPS) pour environ 350 000 Haïtiens vivant aux

Haïtiens : Nous devons reconstruire notre pays !
HaitiCreoleRadio.com

26 juin 2026
Haïtiens : Nous devons reconstruire notre pays !
Actualités Opinions Orientation Politique

Haïtiens : Nous devons reconstruire notre pays !

  • by Rezo Nodwes
  • 26 juin 2026
  • 0 Comments

Par Celucien L. Joseph, PhD

Le jeudi 25 juin 2026, la Cour suprême des États-Unis, par un vote de six voix contre trois, a autorisé l’administration Trump à poursuivre la suppression du Statut de protection temporaire (Temporary Protected Status, TPS) pour environ 350 000 Haïtiens vivant aux États-Unis. Cette décision controversée envoie un message profondément préoccupant aux Haïtiens, tant en Haïti qu’au sein de la diaspora. Elle place des milliers de bénéficiaires du TPS dans une situation juridique incertaine et soulève de graves inquiétudes quant à leur sécurité s’ils étaient contraints de retourner en Haïti. Il s’agit véritablement d’un moment de crise pour tous les Haïtiens, et non seulement pour les détenteurs du TPS.

Les médias internationaux documentent depuis plusieurs années la détérioration continue de la crise humanitaire et sécuritaire en Haïti. Port-au-Prince, la capitale du pays, demeure en proie à la violence des gangs, aux enlèvements, à l’insécurité généralisée ainsi qu’à des actes de brutalité et d’abus inimaginables. Dans le même temps, Haïti traverse une profonde instabilité politique depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021.

Les administrations américaines successives, à commencer par celle du président Joe Biden et poursuivies sous celle du président Donald Trump, ont soutenu les efforts internationaux visant à améliorer la situation sécuritaire en Haïti. Les États-Unis ont joué un rôle diplomatique et financier majeur dans le déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité dirigée par le Kenya. Pourtant, malgré ces initiatives, le quotidien de la majorité des Haïtiens a très peu changé. Les gangs continuent de terroriser les populations, les institutions de l’État demeurent fragiles et des millions d’Haïtiens vivent toujours sans véritable sécurité ni véritable espoir. L’aide internationale, aussi importante soit-elle, ne peut se substituer au travail exigeant de reconstruction des institutions haïtiennes sous un leadership national responsable et un engagement civique durable.

Comment les Haïtiens doivent-ils donc réagir à cette récente décision de la Cour suprême? Comment devons-nous aller de l’avant en sachant que l’administration dispose désormais de l’autorité juridique pour mettre fin au TPS et potentiellement expulser des centaines de milliers de nos compatriotes ?

Premièrement, dénoncer simplement la décision de la Cour suprême comme étant partiale ou discriminatoire ne convaincra pas l’administration de revenir sur sa politique.

Deuxièmement, qualifier l’administration Trump d’« anti-haïtienne » ou de « raciste », que ces accusations soient fondées ou non, ne modifiera vraisemblablement pas son programme en matière d’immigration.

Troisièmement, rappeler aux Américains la contribution historique d’Haïti à la naissance des Amériques, ou souligner les nombreuses contributions que les Haïtiens-Américains continuent d’apporter à la société américaine, à la démocratie, au service public et à la défense des droits humains, peut susciter de l’appréciation et du respect. Toutefois, cela ne changera pas nécessairement la politique migratoire actuelle.

En formulant ces observations, je ne prône ni le cynisme ni le découragement. Je ne suggère pas davantage que les Haïtiens devraient renoncer aux manifestations pacifiques ou garder le silence devant l’injustice. Au contraire, nous avons pleinement le droit de nous exprimer, de nous organiser, de défendre nos droits et de protéger la dignité de notre peuple.

Mais les manifestations pacifiques, à elles seules, ne suffisent pas.

Article précédent Haïti – Foot : la Fédération lance la première formation d’a… Article suivant École d’été anticorruption : l’ULCC confrontée à une panne t…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !