Lundi 18 mai, le bateau de croisière MV Hondius, à bord duquel avait été découvert un virus mortel qui a relancé une épidémie de psychose sur la planète – comme l’écrit dans un billet très énervé Rubén Amón dans El Confidencial –, est arrivé à Rotterdam délesté de tous ses passagers. Ses 27 membres d’équipage et de personnel médical ont été immédiatement placés à l’isolement. Et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rassuré tout le monde : “Bien qu’il s’agisse d’un incident grave, le risque pour la santé publique est faible”, a expliqué son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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Changement radical de ton le lendemain, à propos d’une autre crise sanitaire, en République démocratique du Congo (RDC) celle-là, où une épidémie d’Ebola a déjà fait 131 morts. Cette fois, Tedros Adhanom Ghebreyesus s’est dit “profondément préoccupé par l’ampleur et la rapidité” de l’épidémie face à laquelle, dès dimanche, son organisation a déclaré “une urgence de santé publique internationale”, son deuxième niveau d’alerte le plus élevé. Une initiative bienvenue pour Le Pays, qui salue “la prompte réaction de l’OMS, qui, sans plus attendre a dépêché des experts en épidémiologie en RDC”. “L’Afrique retient son souffle”, titre le quotidien burkinabè. Et l’OMS avec.

L’organisation se retrouve depuis quelques jours au cœur de toutes les attentions, et ce alors que la 79e Assemblée mondiale de la santé s’est ouverte lundi à Genève dans un contexte difficile d’austérité, écrit Le Temps. “L’OMS vient de traverser l’une des phases les plus critiques de son existence en raison des retraits des États-Unis et de l’Argentine ainsi que des coupes dans les budgets des 194 États membres.” En un an, rappelle le quotidien suisse, “2 400 collaborateurs auront quitté l’organisation qui comptait encore 9 400 employés en janvier 2025”.

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Dans ce contexte, et après deux semaines de non-parution, c’est précisément à la gestion par l’OMS de la crise du hantavirus que nous avons choisi de consacrer notre dossier. Parce que, dans un monde post-Covid, la question de la prochaine pandémie à venir et de notre degré de préparation (ou d’impréparation) a très vite été posée dans la presse étrangère. Trop vite, diront certains. Dont Rubén Amón, cité plus haut : “Aujourd’hui aussi, le risque sanitaire semble presque secondaire à côté de l’impatience narrative qui l’accompagne, s’agace-t-il. Ce n’est pas seulement la peur du risque biologique que réactive le hantavirus. C’est toute une atmosphère qu’il fait revivre : la sensation poisseuse de vivre en permanence dans un bulletin d’information, avec un épidémiologiste dans le double rôle du prêtre et du météorologue de la fin du monde.”

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C’est tout le contraire que nous avons voulu faire dans ce dossier, en compilant les éclairages de scientifiques argentins, américains, brésiliens et européens. En analysant les réactions des uns et des autres une fois le virus identifié sur le bateau. En expliquant aussi les recherches en cours et la difficulté de développer des traitements. “Le foyer d’infection à hantavirus qui s’est déclaré à bord du navire de croisière Hondius braque les projecteurs sur un agent pathogène rare qui suscite généralement peu d’attention, même dans le monde scientifique”, écrit The New York Times. Qui rappelle qu’il n’existe pas de traitement contre le hantavirus. Pas plus que de vaccins contre le variant Bundibugyo d’Ebola, identifié dans l’épidémie en cours.

D’où l’importance d’une riposte mondiale coordonnée. Face au hantavirus, comme pour Ebola, l’OMS semble avoir pris la mesure de chacune des crises. En espérant que les pays membres suivront. Au début de mai, ils n’étaient pas parvenus à s’entendre pour finaliser l’annexe de l’accord sur les pandémies concernant l’accès aux agents pathogènes, dite “annexe PABS”.

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On veut croire qu’à la faveur de ces crises les choses évolueront. “Mais la seule volonté ne suffit pas si les financements ne suivent pas”, s’inquiète Le Pays. Là aussi, les choses pourraient bouger. Les États-Unis, qui ont mis fin à la plupart de leurs programmes d’aide au développement, viennent d’annoncer l’activation d’un plan d’intervention en RDC. Dans le même temps, à un mois de la Coupe du monde, Washington renforçait les contrôles aux frontières pour les voyageurs en provenance des zones touchées. L’épidémie de psychose n’est jamais très loin.

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