La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué, vendredi 29 mai, le « fort vent de changement » qui souffle à travers la Hongrie, quelques semaines seulement après l’arrivée au pouvoir de Péter Magyar.
La victoire de M. Magyar aux élections à la mi-avril a provoqué un immense soulagement à Bruxelles, contrainte de composer durant seize ans avec son prédécesseur, l’illibéral Viktor Orban, proche du président russe, Vladimir Poutine. M. Orban avait bloqué une série de dossiers, dont celui de l’Ukraine.
« Votre gouvernement avance rapidement et avec détermination », a déclaré Mme von der Leyen lors d’une conférence de presse à Bruxelles en présence de M. Magyar, saluant les réformes engagées pour le bénéfice « de la Hongrie (…) et de l’Union européenne [UE] ».
Des premières réformes amorcées
La cheffe de l’exécutif européen a annoncé le déblocage de plus de 16 milliards d’euros de fonds destinés au pays, sous condition de réformes. « Nous nous sommes mis d’accord sur un cadre solide visant à garantir que la Hongrie s’attaque aux problèmes liés à la corruption et à l’Etat de droit », a-t-elle affirmé.
Il s’agit d’un dossier crucial, que Budapest et Bruxelles devaient clarifier. Ces milliards avaient été bloqués dans le cadre de plusieurs procédures intentées par l’UE contre les politiques de M. Orban, concernant notamment les droits des personnes LGBT+ et des demandeurs d’asile, ainsi que des situations de conflits d’intérêts.
M. Magyar avait fait de la récupération de ces fonds une priorité absolue et a qualifié le déblocage des 16 milliards d’euros vendredi d’« historique ». « Si chaque fois que je viens ici on me donne autant d’argent, je risque de venir plus souvent », a-t-il lancé. Dans un scénario similaire, l’UE avait débloqué des milliards d’euros destinés à la Pologne dès les premiers gages donnés par le gouvernement du premier ministre proeuropéen Donald Tusk, en 2024.
M. Magyar, dont le parti dispose d’une large majorité au Parlement hongrois, a déjà amorcé de premières réformes. Mercredi, son camp a voté pour l’abandon du projet de l’ancien premier ministre de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Il prévoit également d’adhérer prochainement au parquet européen.