Dans une des nouvelles de Trois vies, un livre de Gertrude Stein (1909) [traduit chez Gallimard], Melanctha, une jeune métisse, vit dans une ville côtière américaine marquée par la ségrégation. Elle aspire à une liberté et à une expérience de la vie que les conventions sociales (ainsi qu’un père autoritaire) lui interdisent.

À 16 ans, elle fait la rencontre de Jane Harden, une femme plus âgée, dotée d’une sexualité débridée et d’un fort penchant pour la bouteille. Cette dernière lui transmet tout ce qu’elle sait, et lui apprend la force d’un amour inconditionnel et absolu.

Après la lecture de Trois vies, pour un cours de littérature à l’université, Ruth, la narratrice du premier roman époustouflant de Stephanie Wambugu, Inséparables [paru aux États-Unis en 2025 et traduit en avril chez Albin Michel], est tellement émue qu’elle referme très vite le livre et le lance à travers sa chambre d’étudiante, les mains encore tremblantes.

“Je suivais le personnage dans sa quête de sagesse et j’avais l’impression d’avoir pris part à son entreprise, dans le sens où rêver de tomber équivaut à tomber, analyse-t-elle. Je comprenais ce que cela signifiait d’être assise aux pieds de Jane et la vitesse à laquelle ces longues heures pouvaient filer, parce que je comprenais la dévotion.”

Cette adora