Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a nommé un général des gardiens de la révolution, Ali Abdollahi Aliabadi, chef d’état-major des forces armées iraniennes, a annoncé lundi 10 août son bureau dans un communiqué. « Au vu de vos services méritoires et de votre précieuse expérience, je vous nomme chef d’état-major des forces armées », a écrit le Guide suprême dans un décret adressé à M. Abdollahi.
Cet officier des gardiens de la révolution, la puissante armée idéologique de la République islamique, commandait auparavant le quartier général central Khatam Al-Anbiya, une structure interarmées de premier plan chargée de superviser et de coordonner les opérations militaires.
Début août, M. Abdollahi a accusé les Etats-Unis de favoriser l’« escalade des tensions » dans la guerre au Moyen-Orient, et mis en garde les alliés de Washington dans la région, leur demandant de « reconsidérer leur coopération ».
Plusieurs nominations
Cette nomination et celles de plusieurs autres hauts responsables des forces armées sont les premières auxquelles a procédé l’ayatollah Khamenei, depuis qu’il a succédé en mars à son père Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février.
Cela devrait permettre à Mojtaba Khamenei, absent de la scène publique depuis son élection, de renforcer son contrôle sur les principaux organes de pouvoir en Iran. Le Guide suprême a également officiellement nommé le général Ahmad Vahidi au commandement en chef des gardiens de la révolution, après que cette désignation a été annoncée par les médias iraniens. Selon les décrets rendus publics, il a aussi confié le commandement de la marine des gardiens à l’amiral Ali Ozamaï, et la direction des bassidji, milices islamiques des gardiens, à Hossein Taeb.
Blessé fin février dans la frappe ayant tué son père, Mojtaba Khamenei n’a depuis jamais été vu en public et ne s’exprime que par des communiqués qui lui sont attribués. Cette discrétion, en plein conflit régional, a donné lieu à des spéculations sur ses relations avec d’autres hauts responsables iraniens.
Un protocole d’accord a été signé mi-juin par Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit, qui a fait des milliers de morts en Iran, mais il a volé en éclats début juillet avec la reprise des hostilités. Les bombardements américains ont toutefois cessé depuis plus d’une semaine, Donald Trump conditionnant cette accalmie à la conclusion d’un accord rapide.