Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre israélien, semble “prêt à tout pour torpiller l’accord irano-américain”. Tel est le constat dressé par le journal libanais L’Orient-Le Jour, ce dimanche 14 juin, au moment où des frappes israéliennes ont fait trois morts dans la banlieue sud de Beyrouth. Une attaque justifiée par l’État hébreu comme une riposte à des tirs du Hezbollah pro-iranien dans le sud de son territoire.

Dans la foulée, Israël a déclaré qu’il s’attendait à “d’éventuels tirs de missiles de représailles iraniens, Téhéran ayant averti que la frappe sur Beyrouth ‘ne resterait pas sans réponse’”, relate The Times of Israël, à Jérusalem.

À lire aussi : Verbatim. Nétanyahou aux Libanais : “Rejoignez Israël” dans son combat contre le Hezbollah

Le contexte est plus délicat que jamais, puisque ces frappes surviennent “alors que les États-Unis et l’Iran sont toujours en pleine négociation d’un accord visant à mettre fin à la guerre que Washington et Israël ont déclenché contre la République islamique [le 28 février dernier]”, rappelle le média d’affaires américain Bloomberg.

Le président des États-Unis, Donald Trump, ne cesse de répéter qu’un “deal” est proche, et qu’il serait même conclu ce dimanche, pour l’anniversaire de ses 80 ans. Une promesse à laquelle le Pakistan, qui joue les médiateurs, souscrit, mais qui a été démentie par l’Iran avant même les frappes israéliennes à Beyrouth, rapporte le média qatari Al-Jazeera, dans son fil d’actualité en continu anglophone.

Le Moyen-Orient “retient son souffle”

Toujours est-il que le Moyen-Orient − et en particulier les pays du Golfe − “retient son souffle” face à la possibilité d’un accord, relate The Jerusalem Post. “Depuis des mois, des rumeurs circulent quant à un potentiel accord, suivies d’une inévitable déception lorsqu’il ne se concrétise pas”, souffle le quotidien israélien de droite.

À lire aussi : Vu du Liban. Guerre en Iran : le basculement américain est en cours, au grand dam d’Israël

Selon Bloomberg, Téhéran exige que “tout cessez-le-feu permanent s’applique également au Liban − une condition que […] Nétanyahou affirme ne pas pouvoir accepter tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé et n’aura pas cessé de tirer sur Israël”.

Nétanyahou veut “maximiser ses chances”

À Beyrouth, L’Orient-Le Jour suggère une explication plus subtile : aux yeux du Premier ministre israélien, tout accord irano-américain sonnerait comme “le prélude à une défaite politique et électorale”. S’il veut “maximiser ses chances” d’être reconduit à son poste à l’issue des élections législatives de l’automne prochain, Nétanyahou a tout intérêt “à provoquer l’Iran pour le faire revenir à la guerre et y entraîner les États-Unis”, développe le quotidien francophone.

À lire aussi : Politique. En Israël, le baroud d’honneur de Benyamin Nétanyahou

“S’il n’y parvient pas, poursuit-il, il entend se rattraper militairement et politiquement au Liban − militairement en poursuivant sa guerre contre le Hezbollah, politiquement en imposant un accord à l’État libanais.” Ce dessein entre en contradiction directe avec celui de Donald Trump, qui cherche à “mettre fin à la guerre afin d’aborder les élections de mi-mandat”, prévues en novembre, ajoute L’Orient-Le Jour.