Benyamin Nétanyahou continue de regretter Bachar Al-Assad, un an et demi après que celui-ci a dû fuir Damas vers la Russie. En effet, le dictateur syrien respectait, tout comme son père et prédécesseur, l’accord de cessez-le-feu conclu en 1974 avec Israël au pied du plateau syrien du Golan. Les Assad père et fils se souciaient peu qu’un tel cessez-le-feu ait permis à Israël non seulement d’occuper, mais aussi d’annexer cette partie du territoire syrien. C’est pourquoi Nétanyahou tendait, durant le conflit syrien de 2011 à 2024, à épargner les forces gouvernementales, concentrant ses frappes sur les unités dépêchées en soutien à Assad par l’Iran et ses supplétifs, au premier rang desquels le Hezbollah libanais.
Le premier ministre israélien avait même conclu avec le président russe, Vladimir Poutine, un arrangement facilitant de telles frappes ciblées. En revanche, Nétanyahou se désintéressait de la production et du trafic de captagon qui étaient devenus la principale ressource de la dictature syrienne. Et pour cause, les cargaisons de cette amphétamine n’étaient pas destinées au marché israélien, puisqu’elles transitaient par la Jordanie vers l’Arabie saoudite.
L’alibi druze
Le renversement de Bachar Al-Assad en décembre 2024 aurait dû être célébré en Israël comme une défaite majeure du prétendu « axe de la résistance », ainsi que le régime des ayatollahs appelle ses relais dans la région. Nétanyahou a au contraire préféré lancer une campagne sans précédent de bombardement des forces fidèles au nouveau président, Ahmed Al-Charaa, tout en plaidant avec succès à Washington en faveur du maintien des bases russes en Syrie.
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