Le gouvernement israélien a approuvé, dimanche 28 juin, à l’unanimité, la reconnaissance du génocide arménien, un terme réfuté par Ankara, dans un contexte de vive tension avec la Turquie, a annoncé dans un communiqué le ministère des affaires étrangères.
« Décision historique : le gouvernement israélien a approuvé à l’unanimité la proposition du ministre Gideon Saar de reconnaître le génocide arménien », affirme ce communiqué. Cette décision doit encore être approuvée par le Parlement.
Les gouvernements israéliens successifs avaient jusqu’à présent évité de reconnaître officiellement le génocide arménien, notamment afin de préserver leurs relations avec la Turquie, autrefois l’un des plus proches partenaires stratégiques du pays dans la région. « Il n’est jamais trop tard pour faire ce qui est juste (…), c’est à la fois un devoir moral et un devoir historique », a déclaré M. Saar, selon un communiqué.
La Turquie, qui accuse régulièrement Israël de perpétrer un génocide dans la bande de Gaza – ce qu’il réfute –, rejette catégoriquement ce terme pour qualifier les massacres des Arméniens sous l’Empire ottoman pendant la première guerre mondiale.
Suspension des relations commerciales
Ce génocide est toutefois reconnu par les gouvernements ou les parlements de nombreux pays, dont les Etats-Unis, la France et l’Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort est évalué entre 600 000 et 1,5 million.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est imposé comme l’un des plus virulents critiques de la guerre à Gaza, déclenchée en représailles à l’attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, comparant à plusieurs reprises les dirigeants israéliens à des responsables nazis.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a régulièrement riposté aux attaques de M. Erdogan, le qualifiant de « dictateur antisémite qui commet un génocide contre les Kurdes ». La Turquie a suspendu l’essentiel de ses relations commerciales avec Israël, se faisant l’un des plus fervents soutiens diplomatiques du mouvement islamiste palestinien.
Les relations entre Israël et l’Arménie s’étaient dégradées quand le ministère des affaires étrangères arménien avait annoncé en juin 2024 la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Le ministère des affaires étrangères israélien avait vivement réagi, annonçant « convoquer l’ambassadeur d’Arménie pour une réprimande sévère », sans donner plus de précisions.