Près de deux mois après le début du cessez-le-feu, les sirènes ont de nouveau retenti à travers le nord d’Israël en réaction à des tirs de missiles iraniens, rapporte The Jerusalem Post. C’est la première fois que l’Iran cible l’État hébreu depuis le début de la trêve du 8 avril.

Téhéran a averti dimanche 7 juin que ses tirs sur Israël étaient un “avertissement” en représailles au bombardement israélien de la banlieue sud de Beyrouth, prévenant que toute nouvelle agression ferait l’objet d’une “riposte plus forte”.

Mais la réponse israélienne ne s’est pas fait attendre. Des explosions ont retenti à Téhéran et les villes de Tabriz et Ispahan, a annoncé la télévision d’État tôt lundi, au moment où Tsahal affirmait que son aviation avait bombardé “des cibles militaires appartenant au régime terroriste iranien dans l’ouest et le centre de l’Iran”.

Selon Ha’Aretz, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a précisé un peu plus tard qu’Israël ciblait “désormais les sites de lancement de missiles sol-sol iraniens, ainsi que des infrastructures ne relevant pas du secteur énergétique”. “L’Iran a tiré 11 missiles balistiques sur Israël aujourd’hui. Chacun de ces missiles peut raser un quartier entier et tuer des centaines de personnes. Aucun pays qui se respecte au monde ne tolérerait une telle attaque, et Israël non plus”, a justifié Leiter.

Le risque d’une “escalade” avec l’Iran

Selon le site Axios, le président américain Donald Trump, qui s’était entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou juste après les tirs iraniens, lui avait pourtant demandé de ne pas riposter. Le locataire de la Maison-Blanche avait exigé qu’Israël “laisse plus de temps à la diplomatie”, les États-Unis étant “proches de conclure un accord” avec Téhéran, précise le média, qui cite un haut responsable américain et une source israélienne proche du dossier. “Nous pensons que le président a gagné un peu de temps […]. Je ne pense pas qu’une frappe israélienne soit imminente”, avait déclaré la source américaine.

À lire aussi : Analyse. Nétanyahou, grand perdant d’un éventuel accord entre Washington et Téhéran

La demande de Trump de “ne pas riposter” laisse Nétanyahou face à un “terrible dilemme”, analysait, juste avant la riposte israélienne, David Horovitz, le rédacteur en chef du Times of Israel. “Il pourrait effectivement se soumettre au diktat présidentiel et se retenir d’attaquer, ce qui détruirait encore davantage la capacité de dissuasion d’Israël contre un Téhéran triomphant et narquois, donnant de [l’État hébreu] une image de faiblesse [au reste] de la région et sapant gravement son indépendance fondamentale”, souligne le journaliste. Ou bien Nétanyahou “pourrait défier le président américain, au risque de devoir s’engager dans ce qui pourrait presque certainement se transformer en escalade avec l’Iran, face auquel Israël se retrouverait bien isolé.”

Dans un entretien accordé au Financial Times et publié dimanche, le président américain a affirmé au quotidien britannique que Nétanyahou “n’aura d’autre choix” que d’accepter tout accord que les États-Unis obtiendront lors des négociations avec l’Iran. “C’est moi qui décide. C’est moi qui prends toutes les décisions. Ce n’est pas lui”, a déclaré Trump à propos du Premier ministre israélien.

À lire aussi : Guerre. “Bibi était furieux” : un appel entre Trump et Nétanyahou révèle des désaccords croissants sur l’Iran