Anna De La Cruz se présente comme appartenant à la “génération sandwich”, coincée entre des jeunes enfants et des parents vieillissants, demandant tous des soins, du temps et de l’argent. Sur le site de Slate, elle raconte comment, avec toute sa famille et face à des coûts de soins dépassant 500 dollars [429 euros] par jour aux États-Unis, elle a pris la décision d’envoyer son père au Mexique. Là-bas, la maison de retraite et la prise en charge coûtent 150 dollars [129 euros] par jour – soit une économie de plus de 125 000 dollars [107 330 euros] par an :

“Sa démence et sa santé fragile étaient devenues trop lourdes à porter pour son mari, qui ne pouvait plus les gérer à leur domicile dans l’État de Washington, et l’assurance ne prenait plus en charge ses soins dans un établissement médicalisé en dehors de Seattle. Ils craignaient que s’il continuait à vivre en maison de retraite aux États-Unis, cela ne les ruine.”

Sur les 700 000 Américains qui perçoivent leurs prestations sociales à l’étranger, 60 000 se trouvent au Mexique. Et ces chiffres sont certainement plus importants puisque nombre de personnes les perçoivent aux États-Unis tout en vivant ailleurs.

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Le père d’Anna De La Cruz est donc loin d’être une exception, et elle pointe du doigt plusieurs facteurs : “le coût exorbitant des soins aux personnes âgées aux États-Unis”, “une proportion record d’Américains de plus de 65 ans”, “l’offre est insuffisante pour répondre à la demande croissante”, surtout avec des fermetures de maison de retraite dans un contexte de coupes budgétaires qui s’ajoutent à la pression démographique.

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Sans surprise, un nouveau secteur a fleuri : celui des consultants en soins, qui aident les familles à trouver des solutions. L’expatriation en est une de plus en plus choisie. Pour autant, elle n’est pas la panacée : il faut composer avec la barrière de la langue, des habitudes culturelles différentes et l’éloignement. D’ailleurs, le père d’Anna de la Cruz est décédé loin des siens, sans jamais avoir revu ses petits-enfants ni son fils atteint de trisomie. Autre point délicat à ne pas négliger : “les différences en matière d’infrastructures juridiques et les litiges successoraux”.

Alors que la population des États-Unis est vieillissante, “ils pourraient aider les familles à éviter de telles situations douloureuses en investissant dans des infrastructures de soins innovantes : développer les services à domicile, renforcer le personnel soignant et créer un système de financement durable pour les soins de longue durée”, suggère Anne De La Cruz. L’expatriation ne peut ni ne doit être une solution à grande échelle.