Au cours de ses aventures au Tibet, Tintin se retrouve malencontreusement nez à nez avec une étrange vache velue, que son fidèle Milou décrit comme une “bête terrifiante”. Le petit chien tremble de voir cet animal dévorer son ami. Mais le célèbre personnage d’Hergé s’empresse de rassurer son compagnon à quatre pattes. Ce qu’il s’imagine être une bête féroce n’est en réalité qu’un yak docile, l’un des rares mammifères capables de vivre à haute altitude grâce à son immense pelage qui lui permet de supporter des températures hivernales jusqu’à moins quarante degrés.

Ces bovins, dont les mâles peuvent dépasser 500 kilos et arborer des cornes de 90 centimètres, ont été – et sont toujours – essentiels à la subsistance des habitants de nombreuses régions de l’Himalaya. Effectivement, on l’emploie pour tout : il fait office d’animal de trait et de transport, on confectionne des objets avec sa peau, ses poils peuvent être teints, ses excréments séchés servent de combustible, son lait et son beurre constituent une source importante de nutriments et, bien sûr, sa viande fait partie de l’alimentation des pays jouxtant les plus hauts sommets de la planète.

L’un d’entre eux est le Bhoutan, dernier royaume de l’Himalaya et seul pays au monde à utiliser l’indice de bonheur pour mesurer la riche