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Jeffrey Epstein et Saint-Tropez, l’autre lieu de prédation du financier américain en France
Par Jérôme Lefilliâtre, Vincent Nouvet (Documentation), Stéphanie Pierre (Documentation) et Lucie SoullierEnquêteL’homme d’affaires se rendait presque chaque été dans la commune du Var, haut lieu saisonnier des industries de la mode et du luxe. Comme à Paris où il possédait un appartement, cette ville, fréquentée par les stars, les milliardaires et les aspirantes mannequins, a servi de base à ses crimes sexuels.
Sur une pellicule numérique perdue au milieu des millions de documents issus du dossier Jeffrey Epstein, et publiés le 30 janvier par l’administration Trump, des photos de vacances surgissent entre des dizaines de clichés de très jeunes femmes dénudées et celles d’un voyage au Maroc pour le mariage du roi Mohammed VI, en compagnie de l’ancien président américain Bill Clinton (1993-2001). Sur ces souvenirs ensoleillés datant de 2002, on suit le financier américain et prédateur sexuel, alors âgé de 49 ans, se baladant en tenue légère, pantalon et t-shirt, ou assis, torse nu, sur la plage près d’un jet-ski échoué au bord de l’eau, avec son amie et complice, la Franco-Britannique Ghislaine Maxwell.
Ces images de sable fin, de mer bleu azur et de transats, de yachts et d’étals de marché dessinent un paysage familier pour l’observateur français, encore plus reconnaissable quand surgit un port avec son clocher surplombant des façades colorées. Un panneau bleu et blanc pris en gros plan indique une adresse précise, « Place aux herbes » : Jeffrey Epstein est à Saint-Tropez, comme le confirment les légendes des photos extraites du CD-ROM. Avec Ghislaine Maxwell, il a loué cet été-là, du 29 juin au 20 juillet 2002, une magnifique villa, nommée « Mirage », à 100 000 euros la semaine.
Dans la célèbre commune du Var, l’Américain, mort en prison aux Etats-Unis en août 2019, avant d’avoir été jugé pour les multiples crimes sexuels dont il était accusé, avait des habitudes bien ancrées. Il s’y rendait presque chaque année, la plupart du temps pendant la période estivale, si bien que Saint-Tropez apparaît comme le deuxième endroit préféré en France d’Epstein, après Paris, où il avait acquis en 2002 un immense appartement avenue Foch, dans le 16e arrondissement. Deux lieux ayant servi de base à ses crimes sexuels sur le territoire français.
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