The Telegraph raconte les nombreux départs de jeunes Britanniques vers l’Australie “Un nombre record de jeunes de moins de 35 ans font leurs valises − et les recruteurs australiens saisissent l’opportunité”, écrit le quotidien. Des salaires qui stagnent, des impôts qui flambent et des logements hors de portée expliquent les 75 000 départs nets en un an du Royaume-Uni vers l’étranger. Selon Toby Whelton, qui travaille pour le think tank Intergénérationnel Foundation qui œuvre pour l’équité entre génération : “De nombreux jeunes ont le sentiment d’avoir de moins en moins leur place dans le pays : ils sont exclus de la propriété immobilière, politiquement désabusés et de plus en plus censés supporter les coûts d’une société vieillissante”.
Face à cette situation, l’Espagne, le Canada et Dubaï sont très prisés, et l’Australie attire de plus en plus. Le journal note que le pays “compte le plus grand nombre d’expatriés britanniques au monde et a enregistré une hausse de 26 % des arrivées en 2024-2025 par rapport à la moyenne pré-pandémique”. Ani Sinclair, une jeune médecin de 28 ans, et son mari font partie de ces statistiques. Elle explique : “Je n’ai pas regretté ma décision une seule seconde. Mon mari travaille aux urgences. Son salaire est maintenant supérieur à ce que nous gagnions tous les deux réunis lorsque nous travaillions au Royaume-Uni.” Et dans tous les secteurs, les salaires sont plus élevés. Pour preuve, The Telegraph a même réalisé un tableau comparatif.
Qui plus est, l’’Australie, en proie à une pénurie de main-d’œuvre, fait tout pour attirer des talents étrangers, et certaines régions vont même faire des tournées promotionnelles au Royaume-Uni, qui commence à souffrir d’une pénurie semblable…
Le Financial Times documente un mouvement similaire vers la même région, mais pour des raisons opposées : les fortunes californiennes achètent des “visas dorés” néo-zélandais pour assurer leur sécurité dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et se garantir une fiscalité clémente. “Au cours des quatorze derniers mois, plus de 700 étrangers fortunés ont déposé une demande pour devenir Néo-Zélandais dans le cadre de ce programme − contre 115 sur les trois années précédentes − après que le pays a assoupli les règles concernant l’achat de biens immobiliers, les investissements et la durée de séjour requise pour être éligible”, explique le quotidien. Il faut investir au moins 5 millions de dollars néo-zélandais dans des fonds, des entreprises ou des œuvres caritatives locales sur une période de trois ans pour en bénéficier.
Retrouvez l’actualité des expatriés chaque semaine
La Nouvelle-Zélande espère ainsi attirer davantage d’investissements étrangers et compenser l’expatriation des jeunes à la recherche de meilleures opportunités professionnelles et qui met en péril la croissance du pays. Cela semble fonctionner puisque depuis avril 2025, “des candidats venus d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie ont engagé un total de 4,8 milliards de dollars néo-zélandais”.
Ces riches immigrés tiennent à rester discrets, comme Peter Thiel, le cofondateur de Paypal et de Palantir, dont la naturalisation a été rendue publique de façon fortuite. Courtney Andelman, qui a une entreprise de capital-risque et bénéficie d’un “visa doré”, rappelle que la Nouvelle-Zélande n’a d’intérêt, pour cette catégorie d’expat que pour les avantages fiscaux : “Si la Nouvelle-Zélande n’offre pas le meilleur rapport qualité-prix, nous irons ailleurs.”
D’un côté des jeunes qui n’arrivent plus à se loger chez eux et à vivre correctement, de l’autre des millionnaires qui se mettent à l’abri à coups de millions. Ce sont deux types de populations qui s’expatrient dans la même région pour des raisons qui n’ont plus rien à voir.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !