Existe-t-il parmi les chefs d’Etat contraints à l’exil une histoire aussi singulière que celle du Ghanéen Kwame N’Krumah (1909-1972), figure historique du panafricanisme ? Déchu par un coup d’Etat, le 24 février 1966, il se voit offrir publiquement dix jours plus tard la coprésidence d’un autre pays que le sien, en l’occurrence la Guinée, par le président même de ce pays, son ami et compagnon de lutte anticoloniale Sekou Touré. Une présidence de perdue, une autre de (presque) retrouvée.
Ce 3 mars 1966, des dizaines de milliers de personnes sont témoins de cette scène inédite en politique, réunies au stade du 28-Septembre de Conakry pour soutenir celui que Sekou Touré qualifiait de « plus grand des Africains ». N’Krumah, le premier président de la première colonie d’Afrique subsaharienne devenue indépendante (en 1957), héraut et théoricien du panafricanisme, est fêté à la hauteur de ses années de lutte – et de prison – contre l’Empire britannique.
Il vous reste 91.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !