Les candidats à la résidence permanente aux Etats-Unis n’auront finalement pas à effectuer systématiquement leurs démarches dans leur pays d’origine. Le gouvernement américain a fait marche arrière sur cette nouvelle politique annoncée le 22 mai, a déclaré le ministère de la sécurité intérieure au quotidien New York Times, vendredi 30 mai.
Après une vague publique d’indignation, ce ministère chargé des questions d’immigration a annoncé que la mesure ne s’appliquerait finalement pas à tous les candidats à la fameuse « carte verte », mais « sur la base du cas par cas ». « Elle servait simplement de rappel aux agents d’utiliser leur pouvoir discrétionnaire » pour exiger éventuellement des candidats qu’ils quittent les Etats-Unis afin d’effectuer leur demande, a affirmé le ministère.
Il s’agit d’un revirement. Une semaine plus tôt, les services américains de la citoyenneté et de l’immigration (USCIS) annonçaient : « A partir de maintenant, un étranger qui séjourne temporairement aux Etats-Unis et veut obtenir une “carte verte” doit retourner dans son pays d’origine pour en faire la demande, sauf en cas de circonstances exceptionnelles. »
Une politique « absurde et cruelle »
Les détenteurs de visas à durée limitée, « comme les étudiants, les travailleurs temporaires, ou les personnes avec un visa de touriste, viennent aux Etats-Unis pour une période courte et une raison précise, avait alors expliqué le porte-parole de l’USCIS, Zach Kahler. Notre système est conçu pour qu’ils repartent quand leur séjour est terminé. » Ainsi, « leur séjour ne doit pas fonctionner comme un premier pas vers le processus de “carte verte” », avait-il justifié.
Plusieurs associations de défense des droits des migrants ainsi que des cabinets d’avocats avaient exprimé leur dépit, face à cette mesure à même de créer de la confusion pour les demandeurs de résidence permanente. Le député démocrate Chuy Garcia avait qualifié la nouvelle politique d’« absurde et cruelle ». Elle « va obliger des milliers d’immigrés LÉGAUX, dont les époux de citoyens américains, à quitter leur maison, leur famille et leur travail pour des semaines, voire des mois, pour obtenir leur “carte verte” hors des Etats-Unis », s’était-il alarmé.
Selon The Washington Post, les Etats-Unis délivrent plus d’un million de « cartes vertes » chaque année, et, jusqu’à présent, plus de la moitié des demandeurs se trouvent déjà sur le sol américain. Dans la vaste offensive anti-immigration menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, une autre voie d’immigration légale, celle pour les réfugiés, a déjà été très largement refermée.