LETTRE DE BERLIN
« Le sol de Bayreuth est contaminé. » C’est ainsi que l’avocat et essayiste Michel Friedman, ancien vice-président du Conseil central des juifs en Allemagne, a réagi dans les colonnes du quotidien Süddeutsche Zeitung, le 16 juin, lorsque son intervention, prévue pour le 150e anniversaire du Festival Wagner de Bayreuth, a été annulée. L’écrivain, dont une partie de la famille échappa à la Shoah grâce à l’industriel allemand Oskar Schindler, devait y prononcer un discours évoquant l’antisémitisme du compositeur Richard Wagner, qui demeure une figure très populaire en Allemagne, ainsi que la proximité de ses descendants avec le régime nazi.
Les responsables du festival d’opéra, qui se tient cette année du 24 juillet au 26 août à Bayreuth, dans le nord de la Bavière, ont d’abord assuré annuler l’intervention de Michel Friedman pour des raisons de sécurité, et proposé de la reporter plus tard dans l’été. Mais, face à l’ampleur des réactions, la directrice du festival, Katharina Wagner, arrière-petite-fille du compositeur, a fait machine arrière et présenté ses excuses le 18 juin. Elle a reconnu des « erreurs d’appréciation » de la part du festival, et assuré vouloir « commémorer les événements terribles auxquels l’histoire du festival est tragiquement liée ».
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