Mardi 23 juin, sept personnes ont été exécutées en Arabie saoudite, dont cinq pour trafic de drogue, portant à 100 le nombre d’exécutions depuis le début de l’année, selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP) établi à partir d’annonces du ministère de l’intérieur. « Un sinistre cap qui met en lumière le recours inacceptable et illégal des autorités à la peine de mort », a dénoncé l’ONG Amnesty International (AI) dans un communiqué.
Depuis début 2026, 65 des 100 personnes exécutées ont été condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants, parmi lesquelles 43 étrangers, a recensé l’AFP. Sur l’ensemble des condamnés à mort, 52 étaient des étrangers, dont 12 Ethiopiens, sept Pakistanais, six Soudanais, quatre Yéménites et quatre Syriens.
« Les ressortissants étrangers ont subi de plein fouet le recours impitoyable de l’Arabie saoudite à la peine de mort pour des infractions liées à la drogue, souvent à l’issue de procès profondément inéquitables », commente AI dans son rapport, publié à la veille des dernières exécutions. L’ONG a également averti qu’au moins 63 Ethiopiens détenus dans une prison du sud-ouest du royaume risquaient une exécution imminente pour des infractions liées à la drogue.
Entre 2022 et 2025, Riyad se place au troisième rang du nombre d’exécutions
L’an dernier, la puissante monarchie du Golfe a exécuté 356 personnes. Ce bilan est le plus élevé jamais enregistré en une seule année depuis qu’Amnesty International a commencé à y documenter les cas de peine capitale en 1990.
L’Arabie saoudite a repris les exécutions pour des infractions liées aux stupéfiants fin 2022, après un moratoire dans ce type d’affaires pendant environ trois ans. Les autorités ont alors lancé une campagne de lutte contre la drogue très médiatisée, avec une série de raids et d’arrestations.
Première économie du monde arabe, le royaume est aussi un marché important pour le captagon, une drogue de la famille des amphétamines produite en Syrie et au Liban. Le pays s’est classé au troisième rang mondial pour le nombre d’exécutions recensées au cours des quatre dernières années (2022-2025), derrière la Chine et l’Iran, selon Amnesty International.
Il fait l’objet de critiques persistantes concernant son recours à la peine de mort de la part d’ONG, qui le jugent notamment en décalage avec ses efforts pour projeter une image moderne. Les autorités affirment quant à elles que la peine capitale est nécessaire au maintien de l’ordre public et qu’elle n’est appliquée que lorsque toutes les voies de recours ont été épuisées.