Combler dans l’urgence un manque mis en lumière par l’emploi à grande échelle de drones d’attaque tels que le Shahed iranien, notamment contre les pays du Golfe alliés de la France. C’est le rôle que l’armée française a récemment assigné à ses drones MQ-9 Reaper, jusqu’ici voués à la reconnaissance et à l’attaque au sol, en particulier dans le cadre de la lutte contre les mouvements djihadistes du Sahel.
Testée au début du mois d’avril, au large de l’île du Levant (Var), et présentée à la presse, le 12 juin, sur la base aérienne 709 de Cognac (Charente), où sont stationnés les douze Reaper de l’armée de l’air et de l’espace, cette nouvelle capacité française repose sur l’association de l’immense drone de moyenne altitude à longue endurance (MALE) avec le missile Hellfire.
Trois mois ont suffi pour convertir cette arme antichar à la lutte antidrone, après sa mise en service dans la flotte française de Reaper, selon l’armée. Ni le drone ni le missile n’ont été conçus pour la défense aérienne. Leur adaptation si rapide illustre la nécessité de réaffecter, faute de mieux, des moyens existants pour faire face à la menace du « bas du spectre » que représentent les drones d’attaque bon marché à long rayon d’action, à nouveau mise en lumière par la riposte iranienne à la dernière offensive israélo-américaine.
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