Jusqu’au bout, le « beau Blaise » n’a rien vu venir. Ivre de sa propre puissance, aveuglé comme le sont les hommes de pouvoir après un quart de siècle passé au sommet, Blaise Compaoré n’a pas perçu le mécontentement qui sourdait dans son pays. Il n’a pas plus écouté sa femme, Chantal, qui le mettait en garde contre ce projet de cinquième mandat à la tête du Burkina Faso.
Selon le plan de l’ancien militaire, l’affaire devait être pliée en quelques heures par un vote des députés révisant la Constitution. Mais, ce 30 octobre 2014, rien ne se déroule comme prévu. Dès l’aube, des dizaines de milliers de manifestants se rassemblent dans les rues de Ouagadougou. Les lieux du pouvoir sont assaillis, incendiés. Le domicile de François Compaoré, le frère cadet de Blaise que tout le monde surnomme « le petit président », est saccagé. L’armée ouvre le feu. Il y aura plus de 600 blessés et 24 morts.
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