Le gouvernement australien a décidé de durcir sa politique d’immigration envers les touristes. Le ministre délégué aux affaires étrangères, Matt Thistlethwaite, a ainsi expliqué, vendredi 18 septembre, que les titulaires d’un simple visa touristique seraient passibles d’un placement en rétention administrative en cas de dépassement de la date autorisée sur le territoire.
« Nous pensons qu’évidemment cette mesure dissuasive garantira que les gens respectent les conditions » de séjour en Australie, a-t-il affirmé auprès du média News24.
Jeudi déjà, le ministre de l’intérieur, Tony Burke, avait annoncé des restrictions concernant les visas étudiants et vacances-travail, déclarant vouloir montrer que le gouvernement « maîtrise » l’immigration. Il avait notamment précisé que 250 nouvelles places de rétention seraient créées et 100 agents supplémentaires recrutés pour sanctionner les personnes dépassant la durée de leur visa.
Crainte pour l’image du pays
La mesure annoncée vendredi par M. Thistlethwaite a été critiquée par le Conseil australien du secteur du tourisme, représentant des milliers de professionnels, dont la directrice, Erin McLeod, a dit craindre pour l’image du pays. Appréhender des touristes risque de « devenir vraiment dommageable, le tourisme étant une partie importante de l’économie australienne », a-t-elle souligné auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
Des défenseurs des droits humains ont également fait part de leur inquiétude, à l’image de Rebecca Eckard, du Conseil australien pour les réfugiés, qui a jugé illégal l’aspect « punitif » de la mesure. Elle a par ailleurs dénoncé un accès aux soins insuffisant dans les centres de rétention.
Au total, l’Australie compte quelque 77 000 personnes demeurant dans le pays alors que leurs visas – tous types confondus – ont expiré, selon les autorités. Le gouvernement travailliste veut réduire à 225 000 le solde migratoire annuel du pays, contre 292 000 actuellement, dans ce pays-continent de près de 28 millions d’habitants.
Jeudi, M. Burke a nié que ce tour de vis intervenait en réponse à la montée en puissance du parti d’extrême droite One Nation, crédité de 25 % d’intentions de vote dans les sondages, et invoqué la nécessité de répondre à une crise du logement.