Les constellations « direct-to-device » suscitent plus que jamais l’intérêt de l’Europe. Cette technologie permet d’utiliser son smartphone pour communiquer en tout point du globe, les satellites faisant office d’antennes-relais depuis l’espace (sans passer par des relais terrestres). Même si, aujourd’hui, cette technologie n’est pas adaptée aux villes et fonctionne mal à l’intérieur des bâtiments, elle constitue une solution là où les réseaux terrestres sont inexistants, tombent en panne ou sont endommagés, comme lors des tempêtes, incendies et autres catastrophes climatiques.
Or, l’Europe, qui ne dispose pas d’acteurs sur ce segment, espère rattraper son retard, tandis que les Etats-Unis ont un grand coup d’avance avec Starlink, la constellation d’Elon Musk, qui revendique déjà 10 millions d’utilisateurs dans le monde. Et c’est compter sans Amazon Leo, celle du géant américain du commerce en ligne, fondée par Jeff Bezos, qui est en cours de déploiement. Eutelsat, l’opérateur européen de satellites, ne propose par ce type de solutions, mais ne cache pas étudier différentes options dans ce secteur stratégique. Jean-François Fallacher, son PDG, avait déjà indiqué, le 13 février lors d’une conférence de presse, avoir « des projets dans les cartons ».
Il en va de même pour les plus grands opérateurs télécoms européens : Orange, l’allemand Deutsche Telekom, l’espagnol Telefonica et le britannique Vodafone songent à former un consortium pour proposer un service de direct-to-device, a révélé l’agence Bloomberg, le 7 septembre. Même si, à date, rien n’a été décidé, cette structure pourrait se porter candidate à l’attribution par l’Union européenne (UE) des fréquences situées dans la bande des 2 gigahertz (GHz), entièrement allouée à cette technologie.
Ne pas dépendre de services étrangers
Mercredi 16 septembre, des représentants de tous ces poids lourds des télécoms étaient réunis à une conférence, à l’occasion de la Semaine mondiale des affaires spatiales, à Paris. Interrogé par Le Monde, Jesus Millon Millan, le responsable des alliances stratégiques de Telefonica, a confirmé qu’ils « étudi[aient] cette question », et pourraient prendre une décision « dans les semaines ou les mois qui viennent ». Ce projet « a du sens », a-t-il ajouté.
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