Peter Murrell, l’ex-mari de l’ancienne première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, accusé d’avoir détourné des fonds du Parti national écossais (ou SNP, pour Scottish National Party), séparatiste, a plaidé coupable lundi 25 mai lors de sa comparution devant un juge.
M. Murrell, 61 ans, qui était directeur général du SNP jusqu’à la mi-mars 2023, avait été arrêté le mois suivant, puis inculpé en 2024, dans le cadre d’une longue enquête de la police écossaise sur les finances de son parti. Celle-ci portait sur le détournement de 600 000 livres de dons, qui étaient censés financer la campagne du parti en faveur de l’indépendance.
Cette enquête avait été rendue publique peu après la démission surprise de Nicola Sturgeon du poste de première ministre, en février 2023. Elle avait elle-même été arrêtée en juin de la même année pour être interrogée et avait clamé son innocence après sa garde à vue, à l’issue de laquelle aucune charge n’avait été retenue contre elle. Celui qui était encore son mari avait, lui, dû démissionner de la direction du SNP, qu’il occupait depuis vingt ans.
Lundi, il a reconnu devant la Haute Cour d’Edimbourg avoir détourné plus de 400 000 livres (463 000 euros), pour s’acheter notamment des biens de luxe et deux voitures. Il connaîtra sa peine le 23 juin. Le juge James Young a déclaré que M. Murrell était responsable d’un « grave abus de confiance » pour ces faits de détournement de fonds commis entre août 2010 et octobre 2022.
Onde de choc au sein du parti au pouvoir
Le premier ministre écossais, John Swinney, qui a été réélu à son poste après la victoire du SNP aux élections législatives locales, au début de mai, s’est dit « trahi » et « horrifié » par les aveux de l’ancien chef de parti. « Je suis également déterminé en ce qui concerne l’avenir. Je suis revenu à la tête du SNP il y a deux ans parce que je voyais bien que le parti que j’aimais n’était pas dans la meilleure situation », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Edimbourg.
L’arrestation de M. Murrell en 2023 avait provoqué une onde de choc au sein du parti au pouvoir en Ecosse. Nicola Sturgeon, qui a été blanchie l’année dernière, a annoncé en janvier 2025 qu’elle et son mari s’étaient séparés. Elle avait renoncé à son mandat de députée plus tôt cette année, mettant fin à près de trente ans de carrière en tant que l’une des principales figures du mouvement indépendantiste.
Dans un message posté sur le réseau social Instagram elle s’est dite lundi « profondément consternée » par les actions de son ex-mari, mais aussi « en colère, blessée, triste et très bouleversée par les conséquences de ses actes sur sa famille, ses amis et le SNP ». « Je n’avais absolument aucune connaissance ni le moindre soupçon qu’il utilisait des fonds du SNP à des fins personnelles », a-t-elle ajouté.