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« L’impact des infections respiratoires est lourd pour les patients, les soignants et la collectivité »

Dans une tribune au « Monde », une douzaine de médecins et de patients dénoncent une « forme de banalisation silencieuse » autour des épidémies respiratoires. Ils appellent à la mise en place d’un programme national pluriannuel de prévention contre ces pathologies.

« L’impact des infections respiratoires est lourd pour les patients, les soignants et la collectivité »
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Chaque hiver, le même scénario se répète. Les services des urgences sont saturés, les hôpitaux déclenchent des plans blancs, les cabinets médicaux débordent, les familles s’épuisent, et les décès s’accumulent, dans une forme de banalisation silencieuse des épidémies respiratoires. Hormis la pandémie de Covid-19 qui a marqué les esprits, la mémoire collective reflue dès que l’impact de ces infections n’est plus dans l’actualité.

Ce déni collectif a un coût majeur pour les patients, les familles, le système de soins et la collectivité. Pourtant, nous continuons à réagir plutôt qu’à prévenir. Nous parlons de « virus de saison », de « grippettes », comme si ces infections étaient bénignes. Elles ne le sont pas. Ces pathogènes (grippe, SARS-CoV-2, virus respiratoire syncytial – ou VRS –, pneumocoque, mais aussi d’autres moins connus tels que le métapneumovirus humain…) sont de véritables agresseurs biologiques au même titre que le tabac ou la pollution. Tous partagent les mêmes effets délétères dès la période aiguë : hospitalisations, décompensations de maladies chroniques, arrêts de travail et désorganisation du système de soins. Cette gravité reste très largement sous-estimée.

La science a évolué ces dernières années. Les infections respiratoires ne doivent dorénavant plus être considérées comme de simples maladies aiguës : elles ont des conséquences durables à moyen et à long terme. Chez l’adulte, elles peuvent déclencher une inflammation chronique, augmenter le risque d’événements cardiovasculaires. Elles peuvent aussi accélérer un déclin cognitif et fonctionnel.

Ces épisodes infectieux répétés peuvent fragiliser durablement les personnes les plus vulnérables. Chez les personnes âgées, chaque hospitalisation porte le risque d’une entrée irréversible dans un état de dépendance. Chez le nourrisson, elles favorisent asthme, surinfections bactériennes sévères, otites et recours fréquent aux antibiotiques.

Une vaccination insuffisante

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