La naissance d’un prématuré marque souvent, pour les parents, le début d’une période de fortes appréhensions et incertitudes quant au devenir de leur enfant. « Les médicaments que mon bébé a pris auront-ils des conséquences ? », s’interroge un père. Beaucoup s’inquiètent des répercussions à long terme. « Cet événement constitue une première rupture dans le parcours de l’enfant, sa trajectoire développementale in utero est interrompue », souligne Stéphane Marret, professeur de pédiatrie au CHU de Rouen.
Les inquiétudes perdurent. Les données des deux enquêtes Epipage, pilotées par l’Inserm, qui ont suivi environ 5 000 enfants, montrent que, à 5 ans et demi, 34 % des enfants nés extrêmes prématurés (entre 24 et 26 semaines d’aménorrhée), près de 46 % des grands prématurés (entre 27 et 31 semaines) et 55 % de ceux nés modérément prématurés (entre 32 et 34 semaines) auront une trajectoire développementale proche de la normale, note l’Inserm. En revanche, près de 28 % des enfants nés extrêmes prématurés présentaient des difficultés sévères ou modérées de développement, contre 19 % de ceux nés grands prématurés et 12 % de ceux nés modérément prématurés, selon ces études.
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