Les négociations ont donc commencé. C’était le 21 juin, à Bürgenstock, en Suisse, dans la foulée de la signature quatre jours plus tôt du protocole d’accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre en Iran. Un texte qui se lit comme une victoire du régime des mollahs. C’est du moins ce que proclame Téhéran, tandis qu’au Liban, le Hezbollah jubile. Et c’est la question que nous nous sommes posée dans notre dossier cette semaine : qui sort réellement vainqueur de ce conflit amorcé le 28 février par Israël et les États-Unis, avec quelles conséquences ?

Dès le début, Donald Trump et Benyamin Nétanyahou affirmaient que la République islamique était faible, aux abois, prête à s’effondrer. Tout a démontré le contraire. “La guerre s’inscrivait parfaitement dans l’idéologie [du régime] et dans ce à quoi il s’était préparé depuis des décennies, analyse ainsi, dans le Financial Times, un haut diplomate occidental à Téhéran. Le conflit l’a renforcé.” Au point qu’au premier jour des négociations, Washington a autorisé pour soixante jours l’exportation du pétrole iranien sur les marchés internationaux. Une première depuis 2018.

Et désormais, “la résistance de l’Iran face à la coercition occidentale sert, de nouveau, de cri de ralliement face à l’impérialisme américain”, analyse dans le New York Times une journaliste américaine d’origine iranienne.

Voilà pour les vainqueurs. Et les vaincus ? Outre les États-Unis de Donald Trump, décrédibilisés, Benyamin Nétanyahou baisse lui aussi la tête. Le camouflet que son allié américain, qui négocie sans lui, a infligé au Premier ministre israélien arrive au pire moment : “Les élections en Israël sont prévues soit pour septembre, soit pour octobre, et Trump a placé le Premier ministre israélien dans un étau diabolique, compromettant son avenir politique”, relève The Atlantic.

Pour Foreign Policy, il y a une autre façon de voir les choses : non, cette guerre “n’a pas engendré de vainqueur incontestable ni un ordre régional plus stable”. Au contraire, “elle a accéléré la fragmentation, exacerbé l’insécurité et imposé des coûts à toutes les puissances régionales”. Et peut-être même ouvert une “nouvelle ère de désordre mondial”.

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Une chose est sûre : bombardé, réprimé, déplacé, le peuple iranien, lui, a vécu ces mois de guerre pour finalement se retrouver seul face au régime. Comme avant.

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