Dans la célèbre traduction de L’Odyssée d’Homère par Emily Wilson [une traduction de référence en anglais, parue en 2017, dont s’est inspiré Christopher Nolan pour son film], le récit s’écarte de la description traditionnelle du héros de poème épique, où Ulysse était présenté comme un “homme aux multiples facettes”. Au lieu de cela, elle opte pour quelque chose de plus introspectif et ouvre le récit avec la phrase : “Parle-moi de cet homme complexe.”

Cette légère nuance reflète parfaitement l’approche de Christopher Nolan pour adapter L’Odyssée au cinéma, dans ce qui est, étonnamment, la première superproduction hollywoodienne d’un des grands mythes fondateurs de l’humanité.

Son dernier film [dans les salles françaises depuis le 15 juillet] conserve les principales caractéristiques du récit original, que ce soit les dieux grecs, les monstres ou encore le côté à la fois brutal et tragique de l’histoire. Néanmoins, le questionnement central du film est celui d’un homme qui se demande s’il mérite de retourner au sein de la civilisation pour laquelle il s’est battu depuis tant d’années.

Plein la vue

Fidèle à lui-même, Nolan signe avec L’Odyssée un blockbuster unique en son genre. Ce petit bijou de cinéma a été tourné entièrement en Imax [un grand format de pellicule, très horizontal