La Biélorussie apporte un soutien à peine voilé au Kremlin dans sa guerre contre l’Ukraine. Le pays a servi de base aux forces russes qui ont marché sur Kiev en février et mars 2022, et des missiles qui visaient des villes ukrainiennes ont été tirés depuis son territoire. Kiev a régulièrement dénoncé le comportement du régime d’Alexandre Loukachenko, en vain.

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Puis, soudain, Volodymyr Zelensky a haussé le ton. Le 19 juin, il a donné une semaine aux Biélorusses pour neutraliser quatre antennes-relais dont les forces russes se servent pour guider leurs attaques de drones en Ukraine. Et si Minsk ne le faisait pas ? “Nous nous en chargerons”, avait-il menacé.

Des menaces prises au sérieux ?

“Moscou a réagi très violemment, écrit la version ukrainienne de la Deutsche Welle. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a parlé de ‘menaces agressives’ et d’ingérence dans les affaires internes de la Biélorussie.” Le 23 juin, rapporte Radio Svoboda, “le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a affirmé que les propos de Zelensky étaient une tentative d’impliquer la Biélorussie dans la guerre russe en Ukraine”.

“Loukachenko lui-même n’a pas réagi à l’ultimatum de Zelensky”, poursuit la Deutsche Welle. Mais depuis, le président ukrainien a annoncé que “les antennes pour les drones russes [ont] cessé de fonctionner”. “Qu’ils les aient démontées ou non, honnêtement, pour le moment, je ne sais pas. […] Mais le fait est que les antennes, aujourd’hui, sont désactivées”, a-t-il ajouté.

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“Selon les informations disponibles, commente la version ukrainienne de la BBC, […] depuis le 22 juin, les antennes-relais ont cessé d’être opérationnelles sur le territoire de la Biélorussie.” Par conséquent, conclut le site, “on peut considérer que l’ultimatum adressé par Zelensky à Loukachenko a marché”.

Que s’est-il passé ? se demande l’analyste militaire Oleksiy Kopytko pour le site du journal NV. Cela veut-il dire, ironise-t-il, que “Loukachenko a appelé Zelensky en vidéoconférence et a crié ‘Volodia, Volodia [diminutif de Volodymyr], pardonne-moi, mais ne tire pas !’ puis qu’il s’est précipité avec un tournevis vers les antennes-relais” ?

Plus sérieusement, Kopytko souligne que, quand il a émis son ultimatum, le président ukrainien a également évoqué les livraisons biélorusses de carburant destiné à l’armée russe. “Une simple remarque qui devrait suffire à établir les priorités pour Minsk”, prévient l’analyste.