De nombreux animaux – oiseaux, tortues marines, langoustes, papillons de nuit, baleines et autres chauves-souris – “sont capables de détecter les ondulations du champ magnétique terrestre”, observe National Geographic.
S’appuyant sur une mystérieuse boussole biologique, “ces animaux utilisent des repères magnétiques invisibles, émanant des profondeurs de la Terre, pour s’orienter en surface et accomplir d’incroyables migrations, aussi bien à travers le ciel que les océans”, ajoute la revue. “Mais la manière exacte dont ces animaux perçoivent l’attraction magnétique de la planète demeure, depuis des décennies, l’un des plus grands mystères de la biologie”.
De fait, le sujet des capteurs du champ magnétique terrestre chez les animaux a suscité de nombreuses hypothèses, et certaines études situent la boussole biologique des pigeons dans leurs oreilles. On sait également que le bec, et surtout les yeux – sachant que les oiseaux s’orientent prioritairement grâce au soleil – sont déterminants dans l’orientation.
Macrophages
Une équipe de des scientifiques allemands propose une autre hypothèse : selon leur étude, publiée le 28 mai dans le journal Science, la boussole interne des pigeons voyageurs, objets de ces recherches, se situerait finalement dans des cellules de leur foie.
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs se sont penchés sur les macrophages, des cellules appartenant au système immunitaire, très riches en fer. C’est cette concentration de fer qui aiderait les pigeons à “détecter les champs magnétiques et à transmettre cette information au cerveau”, selon Ars Technica.
Pour en avoir le cœur net, les scientifiques “ont administré à la moitié d’un groupe de 34 pigeons voyageurs un traitement destiné à éliminer les macrophages”, explique ScienceNews.
Et quand le ciel était couvert – “il était crucial que les oiseaux n’aient absolument aucune idée de la position du soleil”, souligne Christian Kurts, l’un des auteurs de l’étude –, ils ont “transporté les pigeons à 19 kilomètres de là et les ont relâchés, équipés de balises GPS”.
Pigeons égarés
Les oiseaux dont les macrophages n’avaient pas été éliminés ont regagné leur pigeonnier en 70 minutes environ. Et ceux privés de macrophages “ont volé dans toutes les directions et ne sont rentrés chez eux que le lendemain”, quand le ciel était dégagé et que soleil était à nouveau visible, rapporte le site.
Si ces résultats semblent probants, de nombreuses questions demeurent, observe Susanne Åkesson, écologue animalière à l’Université de Lund (Suède), non impliquée dans ces travaux. “Il nous faut maintenant déterminer comment ces [cellules] transmettent l’information au système nerveux et quelles zones du cerveau sont sollicitées”.
Il restera aussi à établir si d’autres oiseaux, les chauves-souris, les requins et autres animaux dotés d’un sens magnétique, possèdent également ces globules blancs dans leur foie.
En outre, malgré les résultats obtenus, le sujet reste controversé et “il y aura certainement des sceptiques”, estime le neuro-éthologue John Phillips, de l’institut Virginia Tech à Blacksburg, qui n’a pas participé à l’étude. “Toutefois, la rigueur scientifique de ces travaux est telle” que même les plus sceptiques “ne pourront les ignorer”, déclare-t-il.
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