“La chaleur extrême affecte de plus en plus le secteur de la confection en Inde”, constate The Economic Times, qui s’appuie sur un rapport publié mardi 9 juin par un centre de recherche américain, le NYU Stern Center for Business & Human Rights.
Sous l’effet des températures extrêmes, les tissus s’abîment, la production accumule les retards, l’absentéisme augmente, ont constaté les chercheurs. Et “des millions de travailleurs, principalement des femmes”, sont touchés, poursuit le quotidien économique de New Delhi.
“En raison de la canicule qui sévit dans le pays”, explique Bloomberg, les fournisseurs de marques comme “Uniqlo, Marks & Spencer et Tesco [ou encore Levi’s et Jack & Jones] subissent des baisses de productivité qui peuvent atteindre 10 %”, selon l’étude qui a suivi “dix usines situées dans quatre régions”.
La fournaise des usines de confection
Cette année, la canicule touche “de vastes régions du pays, avec des températures dépassant régulièrement 45 °C et un pic de 48,2 °C enregistré le mois dernier dans une ville de l’Uttar Pradesh”, rappelle le média économique américain.
La confection indienne, qui “pèse 39 milliards de dollars [34 milliards d’euros] et emploie 45 millions de personnes, dont 70 % sont des femmes”, est “particulièrement vulnérable” aux températures extrêmes.
Selon la principale autrice du rapport, Lucy Siers, de nombreux sous-traitants “parviennent tout juste à maintenir la tête hors de l’eau” et n’ont pas les moyens de prévenir l’effet des températures extrêmes.
“Menace” sur l’industrie du vêtement
Au-delà de l’Inde, les chercheurs affirment que “la canicule est en passe de devenir l’une des menaces les plus graves pour la sécurité des travailleurs et la résilience de la chaîne d’approvisionnement dans l’industrie mondiale du vêtement”. Leur rapport met en garde les grandes marques sur un phénomène qu’elles “ne peuvent plus considérer comme un simple problème environnemental secondaire”.
Selon la Banque mondiale, rappelle Bloomberg, “les heures de travail perdues du fait des vagues de chaleur extrême pourraient coûter jusqu’à 4,5 % au PIB indien d’ici à 2030, soit l’équivalent de 150 à 250 milliards de dollars [de 130 à 216 milliards d’euros]”.
En Inde, un service d’urgence contre le stress thermique
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