C’est la troisième confrontation cette semaine entre Manille et Pékin. Vendredi 24 juillet, Les Philippines ont accusé un navire de gardes-côtes chinois d’avoir tiré au canon à eau sur des bateaux du gouvernement philippin, dont un transportant une équipe de la chaîne américaine CNN. D’après les autorités philippines, leurs navires étaient “en mission de ravitaillement de carburant pour les pêcheurs locaux près du récif de Scarborough”, contrôlé par la Chine.
Ils ont finalement abandonné leur excursion à cause de la formation d’un typhon dans la région. Selon les gardes-côtes philippins, leurs navires ont été “soumis à une série d’attaques au canon à eau et à des manœuvres dangereuses de la part des gardes-côtes chinois”. De son côté, interrogé par la chaîne américaine, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Lin Jian, a déclaré qu’il était “légitime et légal que la Chine prenne les mesures nécessaires pour défendre ses droits et sa sécurité”.
Zone de tensions géopolitiques explosive
Le récif inhabité de Scarborough, en mer de Chine méridionale, est la cause de l’affrontement entre les deux pays. Situé à 220 kilomètres à l’ouest de l’île principale des Philippines, Luzon, et à environ 850 kilomètres de la province chinoise de Hainan, il est, “en dépit des apparences, une zone de tensions géopolitiques explosive”, écrit le site de la chaîne. Car si plusieurs pays se disputent la souveraineté du récif, “la Chine en assure le contrôle effectif depuis 2012 en maintenant une présence quasi permanente de ses garde-côtes dans les eaux avoisinantes”, relève encore CNN.
Plus largement, ce sont les eaux de la mer de Chine méridionales qui font l’objet de différends entre plusieurs pays, comme la Malaisie, le Vietnam ou Taïwan. La Chine revendique la quasi-totalité de ce couloir maritime, qui est aussi un corridor économique majeur où transite, chaque année, un tiers du commerce mondial. Pourtant, en 2016, un tribunal arbitral établi à La Haye en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer a statué que “la Chine ne dispose d’aucun fondement juridique lui permettant de revendiquer des droits historiques sur la majeure partie” de ces eaux, explique CNN.
Lundi 20 et jeudi 23 juillet, des altercations avaient déjà eu lieu entre bateaux philippins et chinois. Des tensions qui interviennent alors qu’une réunion des 11 ministres des Affaires étrangères des pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) était organisée ce vendredi 24 juillet à Manille. Le sujet des revendications en mer de Chine méridionale figurait à l’ordre du jour.
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