La Cour suprême américaine a validé, mardi 30 juin, des lois étatiques interdisant aux sportives transgenres de participer à des compétitions féminines scolaires ou universitaires. La plus haute juridiction américaine a considéré que les Etats américains « peuvent déterminer l’éligibilité pour les compétitions féminines en se basant sur le sexe biologique » assigné à la naissance. Plus de la moitié des Etats américains ont déjà adopté des lois en ce sens.
Cette décision de la Cour suprême, saluée par Donald Trump comme une « grande victoire », est la dernière en date à restreindre les droits des personnes transgenres, mis à mal par des Etats conservateurs mais aussi par l’administration du président américain. « Ça met fin à cette situation ridicule ! », s’est-il réjoui dans un message sur son réseau Truth Social.
Le républicain a en effet multiplié, depuis son retour au pouvoir, les mesures contre la communauté LGBTQIA+, assimilant la transidentité à un « délire », et signant dès son investiture le 20 janvier 2025 un décret selon lequel son administration ne reconnaissait plus que l’existence de « deux sexes, masculin et féminin », définis à la naissance.
En 2025, la Cour suprême avait déjà permis au Tennessee (sud) d’interdire aux mineurs transgenres l’accès aux traitements de transition, considérant que la loi adoptée en la matière par cet Etat ne présentait pas de caractère discriminatoire.
Les juges se prononçaient mardi sur deux affaires distinctes dans lesquelles des juridictions inférieures avaient donné raison à deux jeunes athlètes transgenres s’étant vu interdire de concourir. Les Etats conservateurs justifiaient ces interdictions afin de préserver selon eux une compétition équitable et d’assurer la sécurité des athlètes, des arguments que réfutaient les plaignantes, qui se considéraient discriminées.
« Je joue pour mon école pour la même raison que les autres jeunes de mon équipe d’athlétisme : me faire des amis, m’amuser et me dépasser », avait confié Becky Pepper-Jackson, 15 ans, représentée par l’association de défense des droits civiques ACLU. « Tout ce que j’ai toujours voulu, c’est avoir les mêmes opportunités que mes camarades. » Selon Kathleen Hartnett, l’avocate de Lindsay Hecox, les traitements de réduction du taux de testostérone pris par sa cliente auraient annulé son éventuel avantage physiologique de naissance.