La dette publique américaine a atteint un niveau historique selon les données publiées, mercredi 19 août, par le département du Trésor. Après la dernière émission de bons, mardi, elle se chiffre désormais à 40 047 milliards de dollars (environ 34 000 milliards d’euros), du fait d’une augmentation à la fois des emprunts liés à la santé et la sécurité sociale, mais également des intérêts payés
C’est une hausse plus rapide que prévu, alors que le bureau du Congrès pour le budget anticipait, jusqu’ici, une dette publique américaine atteignant 39 400 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année.
Le remboursement des droits de douane aux entreprises, consécutif à la décision de la Cour suprême d’en annuler une bonne part en février, a encore creusé le déficit.
« Un rythme de déficit qui n’est pas soutenable »
La dette représente un ratio de près de 125 % du PIB américain et qui ne cesse de progresser, malgré une croissance qui reste solide dans la première économie mondiale. La hausse constante de la dette publique américaine intervient alors que les taux obligataires ont évolué ces dernières années à des niveaux plus vus depuis la crise financière.
A l’époque, la dette américaine ne représentait qu’un peu plus de 64 % du PIB américain, selon les données de la Réserve fédérale (Fed). Mais le gouvernement fédéral n’a pas présenté de budget à l’équilibre depuis le début du siècle et a connu un déficit compris entre 5,2 % et 6,2 % du PIB ces quatre dernières années, et même de 15 % en 2020, durant la pandémie de Covid-19, toujours selon les données de la Fed.
« Il est plus que reconnu que l’Etat fédéral à un rythme de déficit qui n’est pas soutenable », a souligné Jessica Riedl, spécialiste du budget pour la Brookings Institution, qui estime à 2 000 milliards de dollars le déficit public annuel, ces dernières années.