Les signaux ne trompent pas, l’économie indienne se porte mal. Les autorités, qui répétaient à tout-va leur ambition de faire de leur pays la troisième économie mondiale, ont bien été obligées de se rendre à l’évidence. Le Fonds monétaire international (FMI) a rétrogradé, fin avril, le pays à la sixième position, derrière le Royaume-Uni. Ce recul dans le classement des principales économies de la planète s’explique notamment par la chute historique de la roupie, qui réduit le produit intérieur brut (PIB) exprimé en dollars américains, sur lequel se base l’institution financière. Depuis le début de l’offensive américano-israélienne en Iran, le 28 février, la monnaie indienne a chuté de près de 5 % face au billet vert.
Troisième importateur de pétrole au monde, l’Inde subit surtout de plein fouet les conséquences du blocage du détroit d’Ormuz. Signe que l’heure est grave, le premier ministre indien, Narendra Modi, ne cesse de multiplier les discours alarmistes : il a appelé la population à faire des sacrifices, notamment en limitant les voyages à l’étranger ou en réduisant sa consommation d’huile – utilisée en grande quantité dans la cuisine indienne. Lors d’un rassemblement de la communauté indienne aux Pays-Bas, le 16 mai, il a mis en garde ses compatriotes : en l’absence d’actions immédiates face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, « les acquis des dernières décennies seraient réduits à néant, et une grande partie de la population mondiale serait replongée dans la pauvreté ».
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