C’est à Blue Origin, la société de Jeff Bezos, que l’agence spatiale américaine a décidé de confier les deux premières missions non habitées qu’elle prévoit d’envoyer sur la Lune cette année. Jared Isaacman, le patron de la Nasa, l’a annoncé le 26 mai lors d’une conférence de presse à Washington.

En revanche, souligne le Financial Times, “SpaceX [l’entreprise spatiale d’Elon Musk] est restée absente de la première série d’accords conclus dans le cadre du projet de base lunaire habitable conçu par l’agence”.

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Blue Origin devra fournir deux modules capables de déposer sur la Lune des véhicules tout-terrain. L’entreprise spatiale du fondateur d’Amazon recevra au total 468 millions de dollars (plus de 402 millions d’euros) pour les deux premières missions lunaires de Blue Moon, la solution concurrente du Starship de SpaceX, qui devraient se dérouler d’ici à la fin de l’année.

Quant aux véhicules eux-mêmes, ils seront développés par deux autres sociétés américaines : Astrolab a signé un contrat à 219 millions de dollars (188 millions d’euros) pour le rover CLV-1, et Lunar Outpost s’est vu attribuer 220 millions de dollars (189 millions d’euros) pour la mise au point du rover Pegasus. Tous deux devront être capables de transporter, à l’avenir, des astronautes sur le sol lunaire.

“L’Amérique retourne sur la Lune”

“Les contrats attribués mardi concernent la première phase de construction des infrastructures de la base lunaire. Aucune information supplémentaire n’a été livrée sur les missions Artemis qui transporteront des astronautes sur la Lune à partir de 2028”, précise le Financial Times.

Selon Jared Isaacman, le succès spectaculaire de la mission Artemis 2, en avril, qui a permis à quatre astronautes de faire le tour de la Lune pour la première fois depuis 1972, a contribué aux progrès du projet de base lunaire. “Les gens lèvent à nouveau les yeux vers la Lune, croient à nouveau en de grandes choses. L’Amérique retourne sur la Lune – et cette fois pour y rester”, a-t-il notamment déclaré.

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À terme, la base lunaire imaginée par la Nasa devrait s’étendre sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, “un peu comme une ville”, a indiqué Carlos García-Galán, à la tête du programme Moon Base. “Chaque mission, habitée ou non, sera l’occasion d’en apprendre davantage. Nous voulons construire les infrastructures nécessaires pour y rester et nous devons acquérir les compétences nécessaires pour vivre et opérer dans un des environnements les plus exigeants et dangereux qui soient.”

Un projet dont le coût total est estimé pour le moment à quelque 20 milliards de dollars (plus de 17 milliards d’euros).