Le 17 juin 1944, dix jours après le Débarquement et à quelques semaines de la libération de la France, la gendarmerie d’un village au nord de Lyon signale la présence de 28 corps près d’une route nationale, ceux de résistants fusillés la veille par la Gestapo.

Parmi eux, “le numéro 14 est Marc Bloch”, rapporte El País, quotidien espagnol de centre gauche. Le 23 juin, son épouse, Simonne Vidal, et lui-même entrent au Panthéon, “ce monument où la France rend hommage à ses grands hommes”, à l’initiative du président Emmanuel Macron. Marc Bloch est le premier historien à recevoir cette distinction. En 1977, ses cendres étaient remises à sa famille pour être inhumées dans le caveau familial, situé dans la Creuse. Sur sa tombe “figure en épitaphe la devise Dilexit veritatem (‘Il aimait la vérité’), conformément au vœu qu’il avait lui-même exprimé en 1941”, note El País.

“Fondateur en 1929, avec Lucien Febvre, des Annales d’histoire économique et sociale, même si son nom en a été retiré en 1941”, Marc Bloch fut un historien prolifique, auteur notamment de L’Étrange défaite, “témoignage éthique et très personnel sur l’effondrement de la France et l’instauration du régime de Vichy”, et d’une Apologie pour l’histoire, “œuvre inachevée, écrite presque exclusivement à partir de souvenirs de